Compoix de Beaucaire (1390)

 Beaucaire

Pierre CASADO

COMPOIX DE BEAUCAIRE (Gard)

 

            Ce compoix est un registre de 222 folios et de dimension 40 x 31 x 8,5. Si l’on se fie à la foliotation originale, les premiers folios sont en déficit. Il est en dépôt aux Archives municipales de Beaucaire sous la cote CC 1. Il est daté de 1390 par CHASSIN DU GUERNY[1] dans son inventaire en accord avec ce qui, d’une écriture plus récente, est indiqué au premier folio : « Livre grix plus vieux. Compois de 1390 ». Mais après plusieurs lectures il ne nous a pas été possible d’y trouver une date dans le corps lui-même. Il a été l’objet d’une restauration dans les années 2000, mais malheureusement la reliure, de belle facture, empêche la lecture d’une partie de certains folios dont la bande intérieure se trouve prise dans le dos. L’encre d’un grand nombre de folios a pâli, mais peut être déchiffrée par grossissement après numérisation. D’autres folios, qui sont d’une graphie plus soignée que l’ensemble, font montre de la troncature de leur partie externe (voir vue 90, fol° 41). Un premier parcours visuel du document révèle que certains folios sont déclassés, tel le fol° 34, vue 76, qui est la fin d’un rôle dont le début ne se trouve pas au folio précédent. On regrettera également que ce document ait été pollué par endroits par des transcriptions / traductions à l’encre.

            Au regard des différentes graphies, manifestement la rédaction n’a pas été effectuée par une seule main ou bien ces variations indiquent une réalisation en plusieurs étapes.

            Ce compoix se caractérise aussi par un grand nombre de lettrines dans certaines desquelles le poisson et l’oiseau sont bien représentés (voir vue 40, 64, 77, 99, 102, 106, 112, 115, 118, 125, 128, 131, 143, 219, 236, 248, 254, 258, 269, …)

            Ce compoix ne comporte que le corpus proprement dit. Le protocole manque. Le corpus semble être structuré par gachas, c’est-à-dire que les assujettis à la taille sont déclinés selon les quartiers où ils résident (Gacha de Fustarié, Gacha de Mercat, Gacha del Cementeri, Gacha de la Curatarié, Gacha de la Mota, Gacha de la Bocarié, Gacha de l’Espital, Gacha de la Cros) ; il semblerait qu’une rubrique[2] ait servi d’introduction à chacune des gaches. Le document, dans son état actuel, ne se présente pas selon un ordonnancement aussi rigoureusement respecté, ce qui indique également un déclassement des folios :

Gacha de Fustarié : de la vue 8 / fol° 1, à la vue 27 / fol° 9, v. ; de la vue 60 / fol° 26, à la vue 63 / fol° 27, v.

Gacha de Mercat : de la vue 28 / fol° 10, à la vue 39 / fol° 15, v.

Gacha del Cementeri : de la vue 40 / fol° 16, à la vue  49 / fol° 20, v. ; de la vue 52 / fol° 22, à la vue 57 / fol° 24, v. ; vue 57 / fol° 24, verso ;  de la vue 66 / fol° 29, à la vue 91 / fol° 41, verso.

Gacha de la Curatarié : vue 50 / fol° 21 ; de la vue 64 / fol° 28, à la vue 65 / fol° 28, v. ; de la vue 92 / fol° 42, à la vue 218 / fol° 105, verso.

Gacha de la Mota : de la vue 58 / fol° 25, à la vue 59 / fol° 25, v. ; de la vue 219 / fol° 106, à la vue 266 / fol° 129, v.

Gacha de la Bocarié : de la vue 268 / fol° 130, v. (rubrique), à la vue 305 / fol° 149.

Gacha de l’Espital : de la vue 308 / fol° 150, v., à la vue 378 / fol° 184, v. ; vue 395 / fol° 193 ; de la vue 444 / fol° 217, v., à la vue 454 / fol° 222, v.

Gacha de la Cros : de la vue 379 / fol° 185 (rubrique), à la vue 394 / fol° 192, v. ; de la vue 396 / fol° 193, v., à la vue 443 / fol° 217.

            Dans chaque rôle de ce compoix n’est pas indiqué seulement le taux d’allivrement pour la taille, mais aussi ce que verse chaque contribuable au roi au titre du cens (la censa). Puis à la fin des rôles sont déclinées les redevances seigneuriales dues pour chaque bien, en monétaire ou en nature. Le cabal est indiqué au bas de certains rôles avant l’allivrement total.

Les mutations sont nombreuses dans les marges aussi bien qu’au bas des folios. Certaines mutations forment même de véritables nouveaux rôles.

            Ce compoix est un document historique remarquable sur les dégâts causés par les eaux du Rhône, illustrés par des exemples multiples avec un champ lexical varié : (terras gastadas per Roze ; mas en Argense que Roze n’a fondut un tros ; terra destrucha per lo flum de Roze ; terra et bosc que Roze n’a portat mays de la mitat ; tres sestairadas de terra… que Roze a tot gastat ; vinha destrucha per lo Roze, etc.).

            Ce compoix se caractérise par un lexique très riche ressortissant à une langue occitane, qui malgré des flottements et des incohérences dans la graphie[3], est très compréhensible par un occitanophone d’aujourd’hui. Rares sont les francisations (1 occurrence du type a les Ors pour toutes les autres du type ad als Ors). Nous en avons extrait ci-dessous les principaux termes qui peuvent avoir de l’intérêt pour les chercheurs en Histoire Rurale.

            Si l’on peut considérer qu’un document écrit est le reflet de certaines pratiques articulatoires en usage dans le lieu où il a été rédigé, alors le rhôtacisme (passage de [s] à [r]) est un des traits les plus caractériques de ce document ; ainsi, pour rester dans le registre du lexique, on peut trouver de très nombreuses occurrences de caral pour quelques occurrences de casal, de très nombreuses occurrence de paurat, paurada pour quelques occurrences de pausat, pausadas, de nombreuses occurrences de marel pour quelques occurrences de masel. Les noms propres de lieux et de personnes n’échappent pas à cette tendance.

            L’autre trait articulatoire qui ressort de ce document est indiqué par le flottement dans la graphie de la vélaire [o] : ainsi le syntagme o entorn (= « ou environ ») se trouve donné sous deux autres types de graphie ho entorn ou vo entorn, ce qui semble indiquer un type de prononciation particulier.

            Selon RONJAT[4], ce phénomène fait partie des cas d’insertion de consonne entre voyelle de mot précédent et voyelle de mot suivant. Mais cette règle ne semble pas aussi avérée. Nous avons des contre-exemples où l’insertion de consonne s’est opérée entre consonne et voyelle : III cartairadas de plantier vo entort (vue 43 / fol° 17, verso, ligne 7) ; la cariera per vont hon va a Cons (vue 76 / fol°34, ligne 21). Mais on pourra rétorquer que le [r] n’est pas vraiment pleinement une consonne. Quoi qu’il en soit, ce traitement phonétique mérite d’être relevé.

Lexique

– L’agraire :

+ ajustat, part. passé de ajustar ; (hun deves en la dicha vinha ajustat) ; occitan ajustat = « joint à ».

+ basada, part. passé f. de basar variante de abasar ; (quatre sestairadas al Vas que Roze la basada) ; occitan abasada = « détruite ».

+ basa, adj. f., déverbal de basar / abasar ; (doge sestairadas de sot lo mas apellat lo Conet que non se pot lauorar mas la mitat que es basa esta erma) ; occitan basa, synonyme de (a)basada = « détruite ».

+ borigon, s. m. ; (hun borigon desot San Lazer; sieys claus d’oliviers a Jonquieyras que son per borigons) ; forme avec rhôtacisme pour l’occitan bosigon = « petit terrain défriché mais pas encore productif » ; que son per borigons = « qui sont estimés de la même valeur qu’un petit terrain défriché… »

+ bruses, s. m. plur. ; (una luoga en que tene mos bruses a Sant Sist) ; forme corrompue de l’occitan bruses, plur. de brus / brusc = « ruche ».

+ claus, s. m. ; (sieys claus d’oliviers a Jonquieyras) ; occitan claus = « enclos » ; dans ce compoix le terme de claus est également employé avec le sens de « tènement », synonyme de l’occitan terrador.

+ claus de vista, adj. m. + s. f. ; (hun petit ortet claus de vista) ; occitan claus de vista = « fermé à la vue ».

+ complida, part. passé f. de complir ; (miega cartairada de vinha et non complida a l’intra de la Val de Bresson) ; occitan complida = « dont la plantation n’est pas achevée ».

+ creys, s. m. ; (un pauc de creys aqui tenent la levada, en miech) ; graphie archaïque de l’occitan creis = « alluvionnement ».

+ cremador, s. m. ; (una cartairada e miega de cremador et d’ermas en Pueg Cabrié) ; occitan cremador = « terre sans possibilité d’irrigation ».

+ deves, s. m. (hun deves… en la dicha vinha ajustat) ; occitan devés = « devois, champ ou bois où les bêtes ne pouvaient pas pâturer de mars à septembre ».

+ erm, erma, adj. m. et f. ; (terra erma a Na Farella) ; occitan èrm, èrma = « inculte », « en friche ».

+ ermas, s. m. ; (tres cartas d’ermas a Barbilhac ; en lo dich terrador sinquanta sestairadas d’ermas, o entorn, que non se lauoreron de quaranta ans et hun deves) ; = occitan contemporain ermàs = « terrain inculte de très mauvaise qualité ».

+ ferrage / ferage, s. f. ; (doas pessas de ferrages ; hun petit de ferage ; una sestairada de ferrages jos le castel de Jonqueyras) ; graphie non éymologique de l’occitan ferratge = « champ de fourrage ».

+ gabia, s. f. ; (quatre gabias de vinha) ; occitan gabia = « superficie couverte par quatre pieds de vigne ».

+ gastada, part. passé f. ; (terras gastadas per Roze) ; occitan gastada = « détériorée » ; (« terres détériorées par le Rhône »).

+ lauorar, verbe ; graphie archaïque de l’occitan laurar = « labourer ».

+ lo, s. m. ; (a Jonquieyras en lo lo appellat los Argeliés) ; graphie corrompue de l’occitan lòc variante de liòc / luòc = « lieu ».

+ luoga, s. f. ; (una luoga en que tene mos bruses a Sant Sist) ; occitan luòga = « place ».

+ muscadels, s. m. pl. ; (vinha a Malentics plantada de muscadels) ; occitan muscadèl = « raisin muscat ».

+ muscadelas, adj. f. pl. ; (tres quartayradas de vinha muscadelas) ; occitan muscadèlas = « de la variété de raisin muscat ».

+ ort, s. m. ; (hun pauc d’ort en la gacha de la Fustarié ; hun ort que pot esse miega carta gastat per l’ayga) ; occitan òrt = « jardin ».

+ plantier / plantié, s. m. ; (III cartairadas de plantier) ; occitan plantièr = « jeune vigne ».

+ prat, s. m. ; (prat davant lo Mas de Peyre Proeza) ; occitan prat = « pré ».

+ sablas, s. m. ; (ermas plen de sablas en Claus Lonc) ; occitan sablàs = « banc de sable ».

+ sacar, verbe ; (I parasin de vinha que sacan an Bayrat) ; occitan sacar = « ensacher », « récolter ».

+ sanpuda / sapuda, adj. f. ; (una terra sanpuda ; vinha sapuda en Canta Perdis) ; graphie non étymologique de l’occitan sampuda = « caractérisée par de l’eau croupie ».

+ talhada, part. passé f. de talhar ; (vinha… et es talhada entre dous terras) ; ociitan talhada = « insérée entre deux terres ».

+ terra, s. f. ; (terra al Mas de Amalric) ; occitan tèrra = « terre, superficie que l’on peut labourer et ensemencer ».

+ ugan (d’), adv. ; (doas cartayradas de plantié d’ugan) ; forme archaïque de l’occitan d’ongan = « de cette année ».

+ vergantyera, s. m. ; (la mitat de una vergantyera) ; graphie archaïque de l’occitan vergantièra = « oseraie ».

+ vergié, s. m. ; (vergié d’oliviés paurat al tenemant de Jonquieyras) ; forme corrompue de l’occitan vergièr = « champ d’oliviers ».

+ vinha / vinhla, s. f. ; (vinha paurada al Claus de l’Auba) ; occitan vinha = « vigne ».

– Le bâti :

+ becort, s. m. ; (una cambreta anb un petit becort) ; occitan becort = « arrière-cour ».

+ botiga, s. f. ; (ostal en que fauc botiga) ; occitan botiga = « boutique ».

+ cambreta, s. f. ; (una cambreta anb un petit becort) ; occitan cambreta = « petite chambre ».

+ caral / casal, s. m. ; (hun caral e una torre ; casal tot desrut confronta an lo cortil de Raymon Pelissier) ; occitan casal = « petite contruction proche ou éloignée de la maison, quelquefois sans toiture, mais toujours en relation directe avec la gestion de la maison ».

+ celhié, s. m. ; (hun hostal aqui davant en que fa celhié) ; graphie corrompue de l’occitan celièr = « cellier ».

+ cortil, s. m. ; occitan cortil = « enclos près de la maison ».

+ desrut / derut, adj. m. ; (casal tot desrut ; hostal fort derut) ; ancien occitan desrut = occitan contemporain desrot ou desrut = « ruiné ».

+ filador, s. m. ; (una maison al filador, una eyminada de terra en que filla las cordas) ; occitan filador = « atelier de filage du chanvre ».

+ fondut, adj. m. ; (hun carau fondut ; hun mas en Argense que Roze n’a fondut un tros ; hun mas fondut per Roze am quaranta sestairadas de terra a San Pal) ; occitan fondut = « écroulé ».

+ fort, s. m. ; (la mitat del fort de la caus) ; graphie non étymologique de l’occitan forn = « four ».

+ hostal / ostal, s. m. ; (hostal fort derut) ; occitan ostal, quelquefois avec graphie archaïsante avec /h-/ à l’initiale = « maison », « foyer ».

+ maironeta, s. f. ; (una maironeta a l’intrat de Jonqieyras); forme avec rhôtacisme pour l’occitan maisoneta = « petite maison ».

+ maison, s. f. ; (una maison al filador) ; on peut penser qu’il s’agit là du français maison. Mais ce terme se trouvant dans d’autres textes occitans du XIIIe siècle, on pourrait aussi penser qu’il appartient de longue date au lexique occitan.

+ mas, s. m. ; (lo mas apellat lo Conet) ; occitan mas = « ferme », « construction à destination agricole ».

+ molin, s. m. ; (hun ostal en que fa molin d’olives) ; occitan molin = « moulin ».

+ obrador, s. m. ; (ostal en que farié obrador) ; occitan obrador = « atelier ».

+ porcarié, s. f. ; (ostal en que fauc porcarié) ; graphie non étymologique de l’occitan porcariá = « porcherie ».

+ taula, s. f. ; (taula de marel ; ) ; occitan taula = « étal ».

+ tore / torre, s. f. ; (hun ort et hun caral et una tore ; a la torre dous Guigos) ; occitan torre = « four pour la dessication, pour torréfier ». Ne désigne jamais le four à pain. Selon les formes attestées dans les textes médiévaux en latin du type thorium / torium, on attendrait plutôt une forme torri au masculin.

+ travajon, s. m. ; (ostal que non y a mas sinq travajons) ; occitan travajon / travason = « poutre ».

– Adverbes, conjonctions et prépositions :

+ ad, prép. ; (terra apellada ad als Ors, a Jonquieyras) ; ancien occitan ad = « vers ».

+ de costa, adv. et prép. ; (de costa lo dich ostal ; hun ostal aqui de costa) ; occitan de còsta = « à côté », « près de ».

+ ensan, adv. ; (sieys sestairadas de terra et prat ensan) ;  graphie archaïque de l’occitan ensem = « ensemble ».

+ entor / entorn, adv. (ho entor ; o entor ; vo entorn ) ; occitan o entorn = « ou environ ».

+ o, ho, vo, conj. disjonctive ; graphie relevant de la phonétique syntactique de l’occitan o = « ou », « ou bien ».

+ randa (da) / randa (a), loc. adv. ; (hun ostal aqui da randa ; bosc paurat a randa) ; occitan da randa / a randa = « à côté de ».

+ vont, adv. ; (la cariera per vont hon va a Cons) ; graphie relevant de la phonétique syntactique de l’occitan ont = « où ».

– les voies de communication :

+ camin, s. m. ; (lo camin de Nenge ; confronta am dous camins publics) ; occitan camin = « chemin », « route ».

+ cariera, s. f. ; (la cariera per vont hon va a Cons) ; graphie corompue de l’occitan carrièra = « chemin ».

Dans ce compoix camin semble être une voie de plus grande importance que carrièra.

– Mesures de superficie :

+ carta, s. f. ; (tres cartas d’ermas) ; occitan quarta = « 5 ares », environ.

+ cartairada / quartairada / quartayrada, s. f. ; (una cartairada de plantier ; quatre cartairadas de vinha ; doas quartairadas de vinha) ; occitan quartairada = « 20 ares », environ.

+ jornal, s. m. (lo jornal de sieis homes de prat ; lo jornal de dous homes de prat) ; occitan jornal = « superficie d’environ 20 ares de pré qu’un homme peut faucher en un jour ».

+ eyminada, s. f. ; (una eyminada de terra) ; graphie archaïque de l’occitan eiminada = « éminée » ou « 8 à 10 ares ».

+ paresin / parezin, s. m. ; (hun paresin o entorn de vinha) ; occitan parasin = mesure inconnue.

+ sestairada, s. f. ; (sestairada mieja de terra) ; occitan sestairada = « sétérée » ou « 30 ares » environ.

+ sestier, s. m. ; (hun sestier de terra paurada ad Madau) ; occitan sestièr, synonyme semble-t-il de sestairada.

+ sichorada, s. f. ; (quatre sichoradas de prat) ; occitan sichorada variante de seichorada = « superficie d’un pré qu’un faucheur peut couper en un jour » ; synonyme jornal d’un ome de prat.

+ sychoyra, s. f., déverbal de sichorar / seichorar = « couper » ; (prat en Coties contenent quatre sichoyras) ; synonyme de sichorada.

– Mesures de grains, de liquides :

+ cana, s. f. ; (una cana d’oli et dous segens sensals) ; occitan cana = « 1 décalitre » environ.

+ carta, s. f. ; (una carta d’anona censal) ; occitan quarta = « ¼ de setier ».

+ eyminada, s. f. ; (eyminada d’ordi) ; occitan eiminada = « ½ setier ».

+ saumada, s. f. ; (una saumada d’ordi) ; occitan saumada = « 4 setiers ».

+ sestié, s. m. ; (huey sestiés d’anona sensuals) ; graphie corrompue de l’occitan sestièr = « 6 décalitres » environ.

– Système monétaire :

+ denier / denié, s. m. ; (XV deniers censals); occitan denièr = « denier ».

+ florin, s. m. ; occitan florin = « florin ».

+ liura, s. f. ; occitan liura = « livre ».

+ melha / mealha, s. f. ; occitan  mealha / mialha = « maille ».

+ pogeza, s. f. ; (fa de censa sinq pogezas) ; occitan pogèsa = « pougèse, monnaie du Puy ».

+ sous, s. m. pl. ; (doas liuras et dos sous) ; occitan sòu = « sou ».

– Les points cardinaux :

+ dous solelh levant ; a levant ; dous levant = « du côté est ».

+ ad aura drecha ; dous aura drecha = « du côté nord ».

+ a vent ; dous vent = « du côté sud ».

+ a colgant ; dous colgant = « du côté ouest ».

+ dous cers = « du côté nord ».

– Redevances seigneuriales :

+ carton / quarton, s. m. ; (fan lo quarton al Rey ; fa lo carton et hun d. per sestairada ; fan carton al rey)

+ seren, s. m. ; (fa lo seren al Rey) ; forme avec rhôtacisme pour sesen, graphie non étymologique de l’occitan setzen = « le sixième ».

+ sensa, s. f. ;  (fa la sensa al rey) ; graphie nom étymologique de l’occitan censa = « cens »

+ uchem (l’), s. m. ; (fa l’uchem a Sant Roman) ; graphie archaïque de l’occitan ochen = « huitième ».


[1] CHASSIN DU GUERNY, Yves. 1970. Répertoire numérique des archives communales de Beaucaire, p. 27. Nîmes : Archives du Gard.

[2] C’est-à-dire une table des assujettis à la taille, renvoyant au folios du corpus selon un ordre qui, dans ce compoix, n’est pas l’ordre alphabétique des prénoms ou des noms.

[3] On rencontre de nombreuses mécoupures (vergié do liviés pour vergié d’oliviés), surtout avec les toponymes (lo Barès pour Lobarès ; em Egado pour en Negador). On a pu noter aussi la tendance à rajouter des consonnes parasites (Coculhanda pour Coculhada ; al Levandon pour al Levadon) ; on remarquera aussi que dans le corpus original la notation de [b] et de [v] est se fait par un même signe. Les cacographies sont nombreuses (vinha passada aqui meteys pour vinha pausada aqui meteys).

[4] RONJAT, Jules. 1932. Grammaire Istorique des Parlers Provençaux Modernes, t. 2, §§ 460 ; 461.

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