Mystères socratiques et Traditions orales de l’eudémonisme dans les Dialogues de Platon.

Perillie mysteres socratiques

Jean-Luc PÉRILLIÉ, Mystères socratiques et Traditions orales de l’eudémonisme dans les Dialogues de Platon. Préface de Thomas A. Szlezák. (Deuxième édition). Academia Verlag, 2015, 524 p. (collection Academia Philosophical Studies, vol. 49).

Présentation de l’éditeur :

Platon, dans l’Apologie, a d’abord représenté Socrate comme un philosophe transparent, n’ayant rien à cacher. Plus tard, dans le Théétète et d’autres dialogues, il décrit la maïeutique socratique comme auréolée de mystère. Ce faisant, Platon s’est sensiblement rapproché de l’ancien portrait de Socrate – de type ésotérique – dressé par Aristophane.
En prenant appui à la fois sur l’étude des correspondances trop souvent négligées entre les deux portraits et sur l’examen des structures orales récurrentes dans les dialogues socratiques de Platon, l’objet premier de ce livre est de tenter d’obtenir une meilleure approche du « phénomène Socrate » dans toute sa complexité.
En second lieu est proposée une tentative totalement inédite de reconstitution des « Mystères socratiques » : au cours des entretiens avec ses disciples, Socrate pouvait être investi par le don divin (theia moira) et par une sagesse démonique (daimonia sophia).
Prononçant les legomena (paroles obscures et secrètes de l’orphisme relatives à l’eudaimonia, au salut de l’âme), il transposait la tradition, dégageant des significations nouvelles. En tant que philosophe (se distinguant des prêtres-mendiants orphiques et des hiérophantes), il parvenait aussi à expliciter le sens des paroles inspirées qu’il avait proférées, au moyen du dialogue (dialegesthai). Les pratiques cathartiques de la réfutation (elenchos) et les intuitions fulgurantes de Socrate produisaient le plus grand effet sur les disciples, qui devenaient à leur tour « foudroyés et possédés ». Ces intuitions comme semences de vérité (spermata) marquaient le point de départ du processus maïeutique.

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Presentation :

In Apologia, Plato first represented Socrates as a transparent philosopher who had nothing to hide. Later, in the Theaetetus and other dialogues, he describes Socrates’ midwifery as shrouded in mystery. In doing so, Plato moves decidedly closer to the previous, « rather esoteric » depiction of Socrates established by Aristophanes.
Basing itself on both the study of the oft neglected correspondences between the two depictions, as well as the examination of the « oral structures » recurring in Plato’s Socratic dialogues, the first objective of this book is to attempt to obtain a better understanding of the « Socratic phenomenon » in all its complexity.
The second aim is to propose an unprecedented attempt to reconstruct the « Socratic Mysteries »: during the discussions with his disciples, Socrates could be possessed by the divine gift (theia moira) and a demonic wisdom (diamonia sophia).
By uttering the legomena (obscure and secret Orphic words about eudaimonia, salvation of soul), he transposed the tradition, drawing new meanings. As a philosopher (unlike Orphic priest-beggars or hierophants) he was also able to make explicit the meaning of the inspired words he spoke, through dialogue (dialegesthai). Socrates’ cathartic practices of refutation (elenchus) and his fulgurant intuitions produced the greatest effect on the disciples, who became in their turn « struck and possessed ». As seeds of truth (spermata), these intuitions marked the starting point of the maieutic process.

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Socrate et a tradition presentation 2015

Cet ouvrage part du constat selon lequel le principal message qui traverse les dialogues de Platon, de l’Apologie aux Lois, est moins la doctrine des idées que celle de l’eudémonisme. Le bonheur est dès lors conçu comme possible pour l’homme, pour son âme. La figure centrale des dialogues, le personnage qui diffuse le message, n’est autre que Socrate : un philosophe conscient de son ignorance mais aussi constamment à l’écoute des traditions des Mystères qui, depuis des temps immémoriaux, réservaient aux initiés la béatitude suprême. Ainsi Socrate appartient à la culture des Mystères, ce qui implique certaines initiations et une pratique du secret. Or Platon, dans l’Apologie, a d’abord représenté Socrate comme un philosophe transparent, n’ayant rien à cacher. Plus tard dans le Théétète et d’autres dialogues, il décrit la maïeutique socratique comme auréolée de mystère. Ce faisant, Platon s’est sensiblement rapproché de l’ancien portrait de Socrate — de type ésotérique — dressé par Aristophane.
En prenant appui à la fois sur l’étude des correspondances trop souvent négligées entre les deux portraits et sur l’examen des structures orales récurrentes dans les dialogues socratiques de Platon, l’objet premier de ce livre est de tenter d’obtenir une meilleure approche du « phénomène Socrate » dans toute sa complexité.
En second lieu est proposée, à partir de recoupements (d’après les informations livrées par Platon, Aristophane, Xénophon et Eschine), une tentative totalement inédite de reconstitution des « Mystères » tels qu’ils étaient pratiqués par Socrate au cinquième siècle av. J.-C., ceux-là mêmes qu’Aristophane avait parodiés.

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