Les milices dans la première modernité.

Brunet Ibanez Les milices 2015

Serge BRUNET et José Javier RUIZ IBANEZ, Les milices dans la première modernité. Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2015, 228 p.

Présentation de l’éditeur :
Dans un monde actuel soumis à la privatisation de la guerre et de la défense, où les armées traditionnelles cèdent le pas devant des milices de tout poil : mercenaires, comités de défense, SMP (Société Militaire Privée, ou PMC : Private Military Company), soldats de Dieu, etc., il est légitime de s’interroger sur ce temps qui a précédé l’affirmation des armées nationales, longtemps ciment de notre citoyenneté. Que furent les milices de la première modernité, au sortir du Moyen Âge et jusqu’à la grande révolution militaire qui suit la guerre de Trente Ans (1618-1648) ? Les études présentées ici ont le rare avantage de se départir de cadres – et donc d’historiographies – nationaux. En confrontant une France déchirée par les guerres civiles et religieuses – que certains n’hésiteront pas à rapprocher du Moyen-Orient actuel – avec l’empire mondial de l’Espagne, leurs auteurs n’hésitent pas à revisiter nos histoires.
Ainsi, les milices de France ne sont pas interprétées ici seulement à l’aune de l’expression d’une identité locale qui s’effacerait progressivement devant les conquêtes d’un sentiment national, vieux poncif d’une Troisième République triomphante. L’usage des milices locales dans l’empire espagnol nous alerte sur l’erreur qui consisterait à penser la disparition des milices comme inscrite dans une pseudo-modernité. L’actualité nous rappelle cruellement combien cette approche téléologique de l’histoire est controversée. Bien au contraire, des Philippines au Pérou, c’était leur persistance et leur vitalité qui soutenaient et structuraient un empire planétaire que l’armée espagnole n’aurait jamais pu tenir par ses seules forces.
Confrontation d’histoires, confrontation d’historiographies ; les études rassemblées dans cet ouvrage novateur – voire iconoclaste – entendent apporter une contribution à l’écriture d’une Histoire post-nationale.
Serge Brunet est professeur à l’université Paul-Valéry Montpellier III et membre de l’Institut Universitaire de France.
José Javier Ruiz Ibáñez est professeur à l’université de Murcie (Espagne).
Tous deux participent aux travaux du réseau international de chercheurs : Red Columnaria (Columnaria. Ultraque Unum Red Temática de investigación sobre las fronteras de las Monarquías Ibéricas en los siglos XVI al XVIII).

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