Programme 3 : Amida 2015-2020 (projet CNRS ENVIMED)

Coordinateur du programme : Martine Assénat

Le projet, lauréat du Programme CNRS ENVIMED, combine les deux approches de la recherche, fondamentale et appliquée, qui avance au rythme des possibilités financières offertes. Il implique des associations pluridisciplinaires et pluri-institutionnelles. Dans cette équipe, les intervenants de CRISES sont chargés d’aspects fondamentaux de la recherche qui relèvent de leur compétence. A terme, il s’agit de continuer d’alimenter pour Diyarbakir la base de données de l’observatoire urbain. Il s’appuie sur une étude de géographie et de topographie historique de la ville antique (Amida) en sa province, la Mésopotamie. Cette problématique est d’autant plus importante qu’aucune étude scientifique d’ensemble du patrimoine classique de cette ville majeure de l’Antiquité romaine et perse du Proche-Orient n’a été entreprise depuis les travaux d’Albert Gabriel (1930-1940). Cet outil d’analyse et de recherche, de protection et de sauvegarde du patrimoine archéologique et historique de la ville est réalisé en association avec  des urbanistes,  des architectes et des spécialistes de la modélisation des monuments historiques, et avec les institutions locales.

Cette collaboration est conçue pour prendre une empreinte de la ville contemporaine dans tout ce que cet environnement comporte de vestiges archéologiques et historiques ; de continuer de procéder à une analyse scientifique de ces vestiges débouchant sur une étude de la topographie historique de la ville au cours des siècles. Si le travail d’étude de la topographie urbaine d’Amida a bien avancé, il  doit évidemment être poursuivi dans ce sens. Il s’agit notamment d’approfondir la question de l’influence d’Amida sur la province de Mésopotamie, en particulier dans le domaine des arts, influence déjà montrée à travers un ensemble architectural cohérent (monument à portique) représentant un style particulier qui a ensuite connu une grande fortune en haute Mésopotamie. L’inventaire du patrimoine urbain doit permettre de mieux discerner et d’interpréter les vestiges des colonnades de rue. Il convient également de reprendre la question de la topographie chrétienne d’Amida et ce, en relation avec  l’histoire des Églises et des querelles christologiques.

Dans cette perspective, le relevé ortho-photographique et tridimensionnel de plusieurs monuments débouchera sur des propositions de modélisation de l’urbanisme antique d’Amida et permettra de bénéficier d’un relevé archéologique précis de la muraille qui est aujourd’hui menacée pour différentes raisons et dont il est urgent de faire le relevé « archéo-photographique ». Disposant de ce relevé, l’on pourra ajuster nos techniques et nos méthodes et  proposer une étude complète de ce monument (ouverture et exploitation des carrières, méthodes de construction, chronologies de la muraille, mise en place d’un lexique extensible à l’ensemble des constructions en pierre d’Amida…).

Ce travail permettra aux administrations locales d’anticiper les plans d’urbanismes touchant le cœur de la vieille ville dans un contexte d’exacerbation démographique et d’impulser une dynamique posant les bases solides pour le développement de recherches futures à Diyarbakir (notamment en promouvant l’intérêt des chercheurs et des étudiants vers cette partie des mondes perse, arménien, grec, romain… anciens). Ce travail permettra également d’établir la partie historique du dossier de candidature du site pour l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco.

Un autre volet du programme est consacré à l’historiographie antique d’Amida. Il s’agit essentiellement de la réalisation, puis de  la mise en œuvre du corpus littéraire relatif à la géographie historique de la haute Mésopotamie, et tout spécialement au statut politique et administratif de la ville d’Amida, depuis l’époque hellénistique jusqu’à la conquête arabe (VIè s. de notre ère).  En relation étroite avec l’exploration archéologico-topographique susmentionnée, cette enquête, déjà avancée, doit permettre de remettre en perspective le rôle historique de la capitale de la province tardive de Mésopotamie, dont tout montre qu’il a été jusqu’à présent, particulièrement sous-estimé. Outre les textes classique gréco-latins, on s’attachera en particulier à recenser les documents hagiographiques ou des chroniques – inédits ou peu vus – issus du milieu monastique syriaque dont la tradition procède de sources perdues indépendantes de la tradition issue d’Eusèbe de Césarée et de ses continuateurs.

Plusieurs rencontres scientifiques et publications ponctueront le développement de ce programme.

Participants :

Elena Ippoliti,  Professeur Associée au département d’histoire, design et restauration architectonique de la Sapienza ; Centre de Recherche « SAPIENZA DESIGN RESEARCH»,  Université de Rome est spécialisée dans l’analyse, le relevé et la restitution du patrimoine culturel bâti -;  Nora Şeni, Professeur à Paris VIII, spécialiste des questions de la ville et de l’urbanisme en Turquie, ancienne directrice de l’IFEA.  Livio De Luca directeur du Map a coordonné différentes études dans le cadre du projet 3D-Monuments (programme national de numérisation 3D du patrimoine architectural) du ministère de la Culture, UMR 3495 CNRS/MCC MAP GAMSAU du CNRS à Marseille ;  Philippe Bromblet du CICRP de Marseille, Jean-Claude Bessac, Archéologue, ingénieur de recherche hors classe au CNRS, UMR 5140, Lattes ; Olivier Henry,  pensionnaire scientifique archéologue de l’Institut Français des Etudes Anatoliennes ; Antoine Pérez, MCF en histoire romaine, HDR, Montpellier III, CRISES. Murat Alokmen, Directeur du département de l’Urbanisme de la Mairie de Diyarbakir, Zeynep Sila Akinci, architecte du paysage, coordinatrice de projet à la Mairie de Diyarbakir.

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