Programme 6 : Le Jôrî de Nakatsu et la limitatio romaine.

Étude comparatiste des paysages antiques
du Japon et de l’Occident romain.

(Coordinateur Antoine PÉREZ)

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Membres du programme :
Kenji Ihnuma, Haruki Yamamoto (Université de Beppu) ; Antoine Pérez,  Martine Assénat, Elisabeth Astruc, Uwe Brunn, Dominique Crozat, Eloïse Noc, Jean-Pierre Razafy-Andriamihaingo, Jean-Marc Sarale,  Alessia Trivellone, Stéphane Villepontoux (Université Paul-Valéry Montpellier III).

      Le Jori de Nakatsu, sur l’île de Kyushu, au Japon, constitue un système agraire unique en son genre, hérité de la période dite de Nara, aux VII-VIIIe siècles. Lié au grand sanctuaire shintoïste d’Usa, ce parcellaire géométrique est l’un des derniers vestiges visibles aujourd’hui de la grande planification foncière réalisée lors de la première unification politique de l’archipel nippon. Conçu dans le but de redistribuer les terres aux paysans, le Jori, prolongement territorial et idéologique du Jobo urbain, s’inspire des aménagements réalisés sur le continent, dans la Chine des dynasties Sui, puis Tang, autour de la capitale des Tang, Chang’an (actuelle Xi’an), au moment où la Cour de Yamato importa au Japon le modèle politique, juridique et administratif chinois.

      On a souvent, par le passé, fait le rapprochement entre le Jori et la limitatio, mode de structuration géométrique du paysage des cités romaines. Leur identité formelle ne signifie évidemment pas que le cadastre romain exerça une quelconque influence sur les pratiques chinoises puis japonaises, et il n’y a, de ce point de vue, pas de raisons de comparer les deux systèmes, sinon à mettre sur un même plan tous les quadrillages organisant les territoires, partout dans le monde et à toutes les époques – des systèmes méso-américains de Teotihuacan au township nord-américain, en passant par la planification d’Angkor.

      Mais il se trouve que l’archipel nippon et les territoires de l’ancien Occident romain partagent une évolution historique à bien des égards semblable : à l’état impérial antique a succédé, au Japon comme en Europe, une période féodale caractérisée par l’éclatement de l’autorité politique en multiples cellules autonomes, processus qui a eu sur les territoires des conséquences identiques, avant que les révolutions industrielles n’achèvent de démanteler, en Europe comme au Japon, la trame paysagère antique.

      De tous les grands systèmes historiques d’aménagement de l’espace, ce sont donc bien le Jôrî japonais et le limitatio romaine qui comportent, le plus de points communs : au plan de leur réalisation matérielle, de leur évolution morpho-historique, de leurs rapports étroits avec les pratiques cultuelles (culte impérial) et la religion, et même, enfin, du mécanisme de leur obsolescence. Leur étude comparée ouvre de fécondes perspectives, à la fois quant à la méthodologie de la recherche sur les anciens parcellaires, l’histoire des techniques, celle du paysage rural, et celle des sociétés et des États qui en firent un instrument éminent de contrôle et d’administration territoriale.

      Cette recherche comparatiste réunit des chercheurs montpelliérains  et japonais (Université de Beppu ; de Nagasaki). Elle a déjà donné lieu à deux journées d’études, au Japon et en France, qui vont faire l’objet d’une publication. On prévoit la tenue régulière de séminaires et journées d’études, à Beppu et à Montpellier, selon un rythme au minimum annuel.

      À ce programme proprement scientifique s’ajoute un deuxième volet, d’ordre patrimonial : la constitution d’une dossier de classement du Jori de Nakatsu au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, au titre de « paysage culturel » exceptionnel.

Jori de Nakatsu Japon 2016Programme des conférences du 3 mars 2016 ⇒

モンペリエ第三大学で、飯沼教授と山本教授が講演 ⇒

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