VOSKRESENSKAYA Valeriya

D’origine russe, en France depuis 2012, actuellement doctorante en Philosophie sous la direction de Marlène Zarader, chargée de cours (Université Paul-Valéry Montpellier, ED 58, centre de recherche C.R.I.S.E.S).

Sujet de thèse : « Figures de la temporalité dans l’herméneutique de Hans-Georg Gadamer »

Résumé : Une recherche sur la notion de temps dans l’herméneutique de Gadamer trouve sa première difficulté dans le simple fait que l’œuvre gadamérienne, dans son intégralité, ne privilégie pas le thème du temps (serait-ce pour se distancier en quelque sorte de la pensée de son maître Heidegger, laquelle, comme on le sait, accordait au temps la position centrale ?). Cependant, ceci n’empêche pas que l’herméneutique philosophique dans son principe même soit une pensée du temporel, et que, par conséquent, le dégagement de la question du temps chez Gadamer pourrait fournir un élément essentiel à la compréhension de l’ensemble de sa pensée. Ce n’est pas seulement dans notre rapport au passé en tant que tradition « porteuse du sens », que cette implication du temps apparaît : elle consiste, en effet, dans la condition temporelle de la compréhension elle-même, laquelle possède la structure d’événement (Ereignis). Or, la thèse se donne pour tâche d’interroger l’expérience herméneutique dans sa temporalité événementielle, dont le noyau peut être dégagé à partir du principe de la contemporanéité du Selbst et de la Darstellung (les deux parties indissociables de la présentation de soi du sens) – c’est-à-dire l’actualisation du sens dans le présent même de la compréhension, qui, à son tour, reçoit une modalité temporelle spécifique du séjour (Verweilen). Partant, la compréhension n’est plus conçue en tant que reproduction d’un sens « lointain » – à propos de quoi Gadamer dit dans Vérité et méthode : « Désormais, le temps n’est plus d’abord un abîme qu’il faut franchir parce qu’il sépare et éloigne… ». La redéfinition par Gadamer de la doctrine traditionnelle (c’est-à-dire, platonicienne) de la mimèsis ouvre ainsi une voie d’accès au problème de la temporalité dans l’herméneutique : d’autant plus que, comme le suppose Robert Dostal, le genre de platonicien qu’est Gadamer se distingue principalement par le fait que son projet herméneutique « temporise » les notions du platonisme (mimèsis, anamnèsis, theoria, logos, etc.), son interprétation étant ainsi une « reprise » de la philosophie platonicienne qui en investit les concepts d’une signification temporelle. En s’inspirant de cet héritage grec dont se nourrit la pensée gadamérienne, nous construisons notre travail à partir de trois « figures » majeures de l’expérience du comprendre, sous leurs désignations grecques de « kalon », « theoria » et « logos ». Il s’agit donc de revisiter ces sphères fondamentales de l’expérience herméneutique afin d’interroger leurs modes propres de temporalisation dans la configuration de l’événement du comprendre. L’enjeu principal de la thèse vise l’établissement du lien entre la structure temporelle de l’expérience herméneutique et le modèle gadamérien de la vérité, de telle façon que le traitement de la question du temps pourra contribuer à l’éclaircissement du concept herméneutique de vérité.

Mots-clés : Hans-Georg Gadamer, herméneutique, temporalité, événement (Ereignis), présence (Gegenwärtigkeit), auto-présentation (Selbstdarstellung), contemporanéité, séjour (Verweilen), mimèsis, tradition, historicité, finitude, distance temporelle (Zeitenabstand), travail de l’histoire (Wirkungsgeschichte), temporalité du langage, dialogue, vérité.

Champs disciplinaires : herméneutique, phénoménologie, philosophie allemande du XXe siècle.

Enseignements assurés à l’Université Paul-Valéry Montpellier :

– 2016-2017 : cours de Philosophie générale en Licence 1, CM et TD (64 heures), intitulé du cours « Introduction à la question philosophique du temps ».

– 2015-2016 : cours de Philosophie générale en Licence 1, CM et TD (64 heures), intitulé du cours : « Introduction à la question philosophique du temps. »

– 2014-2015 : cours de Philosophie générale en Licence 1, CM et TD (64 heures), intitulé du cours : « La perception du temps dans la philosophie : entre tradition et contemporanéité. »

Communication :

– « Life and Tarrying : A Temporal Figure of Life in Gadamer’s Hermeneutics ». 1st FI.NO. Graduate Conference in Theoretical Philosophy About Life. Theories, Concepts and Images of the Living, Università degli studi di Torino, Turin, le 10-11 novembre 2016.

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– « Comprendre l’autre, à la recherche d’un langage commun. La notion d’écoute dans l’herméneutique de Hans-Georg Gadamer ». Intervention lors du colloque international et pluridisciplinaire organisé par des doctorants de l’ED 58 « L’épreuve de l’altérité », Université Paul-Valéry Montpellier III, le 8-9 juin 2016.

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– « L’œuvre d’art comme causa sui ? Le passage du Werk au Gebilde dans l’herméneutique de Hans-Georg Gadamer », Colloque des jeunes chercheurs « Être cause de soi, ou la vie nouvelle », Université Paul-Valéry Montpellier, le 27 mars 2015.

Etre cause de soi affiche

Organisation d’événements scientifiques :

– Organisation d’une séance du séminaire de l’École Doctorale 58 : « La crise du sujet souverain et la naissance de l’individu relationnel/en réseau ». Université Paul-Valéry Montpellier III, Site Saint Charles, le 1er avril 2016.

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Précédents travaux universitaires :

– Mémoire de Master 2 (soutenu en 2014, Université Paul-Valéry Montpellier) : « Expérience herméneutique comme expérience de la vérité : étude du concept de vérité chez Hans-Georg Gadamer. »

– Mémoire de Master 1 (soutenu en 2013, Université Paul-Valéry Montpellier) : « Herméneutique et déconstruction : la philosophie de la compréhension et de l’interprétation dans la deuxième moitié du XXe siècle. »

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