HADERLÉ Aurélie

Aurelie

Doctorante en Lettres Classiques et Anthropologie de l’Antiquité, sous la direction des professeurs Jean Meyers et Jean-François Cottier.

Déléguée au Conseil de laboratoire de CRISES

– Attachée au Centre de Recherches Interdisciplinaire en Sciences Humaines et Sociales de Montpellier C.R.I.S.E.S., EA 4424, Université Paul-Valéry, Montpellier III.

– Champ de recherche de la thèse en cours : étude anthropologique et littéraire de l’expression de la souffrance liée à la pratique ascétique à travers la correspondance de Jérôme.

– Présentation : Jérôme, comme continuateur des Pères du désert, a ont joué un rôle déterminant dans la fabrication de l’image du saint aussi bien pour l’Orient que pour l’Occident chrétien. Il a participé à introduire une rupture radicale dans la vision du rôle de l’homme dans la société et dans le cosmos par l’adoption de multiples mortifications physiques et en choisissant volontairement de se retirer du « monde ».

La religion chrétienne devenue religion d’État, les fidèles ne pouvaient plus compter sur le martyre pour prétendre à la sainteté : ascèse et vie monastique devinrent une voie vers la souffrance. Ces idées n’étaient cependant pas neuves, les pères du désert étaient, consciemment ou non, les héritiers d’un long questionnement sur la dualité entre le corps et l’âme.

La correspondance de Jérôme offre une voie d’accès privilégiée aux douleurs quotidiennes de l’ascèse et à ses fondements idéologiques du fait de son caractère à la fois intime et à la fois publique. Pourtant malgré la densité du corpus conservé aucune étude d’envergure n’a encore été consacrée à ces lettres sous l’angle de l’ascétisme et de la mortification. La thèse que je mène voudrait combler cette lacune dans une perspective à la fois littéraire, et à la fois anthropologique, puisqu’il me faut plaquer des grilles de lecture proprement anthropologiques comme autant d’éclairages possibles sur Jérôme et saisir ainsi la portée de son témoignage.

Convoquer l’anthropologie religieuse, sociale et culturelle pour comprendre la démarche de Jérôme s’explique par la volonté de faire émerger les causes profondément humaines et sociales de ce mode de vie qui a suscité un rejet viscéral avant d’attirer une adhésion massive. On ne peut donc pas étudier la correspondance de Jérôme comme une entité textuelle autonome, il faut l’aborder comme la trace d’une pratique sociale dont il est le dépositaire, et de ce fait questionner le rapport au cadre de la pratique dans laquelle elle s’insère, ainsi que le rapport au public qui réceptionne cette pratique. Cette correspondance doit être vue à la fois comme performance, comme genre littéraire, comme rituel social, comme un évènement en soi qu’il faut prendre en compte dans sa temporalité et son unicité.

Mon étude contribuerait à « dynamiter » les conceptions traditionnelles de l’Antiquité : ce n’est pas un monde figé et radicalement clos, c’est un monde à redécouvrir sans cesse avec de nouveaux outils et de nouvelles perspectives.

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