LE MOIGNE Philippe

 

Professeur de langue et littérature grecques à l’Université Paul-Valéry Montpellier III

– Membre du Groupe Artémidore

Groupe Artemidore

 

Je m’intéresse à la Septante (ancien testament en grec), dans une double approche :

– linguistique, et plus particulièrement syntaxique : étudiant la manière dont les traducteurs ont rendu leur modèle hébreu supposé, je suis parfois amené à m’interroger sur la théologie qui sous-tend les changements, parfois éclatants, que l’on observe ;

– littéraire : l’étude de la Septante m’a amené à me pencher sur la littérature dite “intertestamentaire”, où les données de la Bible sont réinterprétées en fonction ou bien du genre littéraire considéré (biographie, testament…), ou bien de l’autorité même que la “canonisation” a fourni au corpus (cas de l’apocrpyphe d’Ézéchiel). Ce sont alors l’enjeu et les modalité de la réécriture que je tente de cerner.

Principales publications :

 

Co-direction d’ouvrages collectifs :

– Françoise Briquel-Chatonnet et Philippe Le Moigne (éditeurs), L’Ancien Testament en Syriaque, Paris, Geuthner, « Études Syriaques 5 », 2008, 245 p.

ES5

Présentation de l’éditeur :
L’Ancien Testament en syriaque Pourquoi L’Ancien Testament en syriaque et non L’Ancien Testament syriaque ? Tout simplement parce qu’il existe plusieurs versions syriaques de l’Ancien Testament. La version la plus connue est sans conteste la Peshitta ; c’est la version commune aux différentes Églises syriaques, celle qui nourrit la liturgie et la prière quotidienne. Mais elle représente aussi un témoignage d’importance capitale pour l’histoire du texte vétéro-testamentaire car, avec la traduction grecque dite de la Septante, elle est, avant la Vulgate au IVe siècle de notre ère, la seule version ancienne de l’Ancien Testament faite directement sur le texte hébreu. Ses rapports avec les targums sont complexes, mais moins étroits qu’on a pu le penser à une époque. Elle possède aussi de nombreux points de contact avec la Septante ; l’on verra que ceux-ci sont apparus au cours d’une genèse complexe, et continuée durant plusieurs siècles. C’est naturellement une étude attentive des manuscrits qui a permis d’arriver à ces conclusions, et ce volume fait également le point sur la classification et la valeur des différents témoins de la Peshitta et les perspectives qu’offre désormais l’étude des Pères syriaques.
Au début du VIIe siècle, naquit une autre version syriaque de l’Ancien Testament, celle-là traduisant, et cela servilement, la Septante : il s’agit de la Syro-hexaplaire, ainsi nommée parce qu’elle conservait, mieux qu’aucun témoin grec, les signes critiques qu’avait utilisés Origène dans l’établissement de ses Hexaples (la première synopse biblique, pour ainsi dire). Elle connut un grand succès, à la différence d’une autre version, encore aujourd’hui méconnue, celle de Jacques d’Édesse.Le panorama n’aurait pas été complet sans une mention des versions de la Bible susceptibles de dépendre des textes syriaques : il s’agit des versions arménienne, géorgienne et arabes. Ce volume collectif, qui fait le point sur la recherche actuelle, s’adresse non seulement aux syriacisants, mais également à tous ceux que l’histoire et la « fabrication » du texte de l’Ancien Testament intéressent.

– Béatrice Bakhouche et Philippe Le Moigne, « Dieu parle la langue des hommes ». Études sur la transmission des textes religieux (Ier millénaire) , Prahins (Suisse), Éditions du Zèbre, 2007, 219 p.

Bakhouche Le Moigne Dieu parle la langue des hommes

Présentation de l’éditeur :
« Le présent volume rassemble un certain nombre d’études issues de deux années de séminaire sur les textes religieux et qui peuvent aisément se regrouper selon deux axes, voire trois : l’un concerne les textes sacrés et leur traductions, le second s’attache à l’histoire des textes, mais aussi aux traces laissées par l’histoire – manuscrits ou sites archéologiques.
Les traductions ne concernent pas seulement le texte biblique : Manéthôn, par exemple, traduit les écrits sacerdotaux égyptiens. Il n’est pas toujours question non plus de traductions et des problèmes inhérents à ce type d’exercice : fidélité à la lettre ou au sens, infidélité délibérée dans un contexte polémique. Parfois en effet, comme pour le Coran, la traduction en langue vulgaire n’a pas toujours été possible.
D’un autre côté, la réception des textes sacrés – et spécialement du texte biblique – repose la question des relectures et du rapport à l’exégèse. Il est également question des écrits canoniques – les Évangiles en relation avec la vie de Jésus, mais aussi les canons de Mani ou de Chénouté. Le lecteur aura également un aperçu de la vie des communautés juives en terre d’islam d’après quelques manuscrits yéménites, et du montanisme avec la découverte archéologique des sites de Pepouza et Tymion. »

– Jan Joosten et Philippe Le Moigne, L’apport de la Septante aux études sur l’Antiquité, Actes du colloque de Strasbourg, 8-9 novembre 2002, Paris, « Lectio divina », Cerf, 2005, 314 p.

L'apport de la Septante

Présentation de l’éditeur :
Un intérêt croissant se manifeste de par le monde pour la Bible grecque des Septante. On redécouvre à quel point la Septante, qui n’est pourtant « qu’une » traduction, a joué un rôle irremplaçable dans le développement de la conscience occidentale : injection de sagesse barbare dans la culture grecque, témoignage unique de la pensée judéo-hellénistique, bible des premiers chrétiens… Les raisons de s’intéresser à la Bible grecque sont décidément multiples.
L’une des équipes collaborant à l’édition de « La Bible d’Alexandrie » (entreprise en France sous la direction de Marguerite Harl), le Groupe de recherches sur la Septante de la faculté de théologie protestante de l’université Marc-Bloch à Strasbourg, a organisé un colloque international et interdisciplinaire. Le but était de favoriser la rencontre de tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, travaillent sur la Septante, et de donner le goût de la connaître à ceux qui la connaissent trop peu.
Les auteurs sont linguistes, historiens, biblistes et traductologues. Ils représentent huit pays ; parmi eux figurent quelques-uns des plus grands spécialistes actuels à côté de jeunes chercheurs prometteurs. Le présent volume donne en quelque sorte une « biopsie » des travaux septantiques à l’heure actuelle : douze études détaillées illustrent de nouvelles méthodes et de nouveaux questionnements, élaborés dans un cadre interdisciplinaire.

– Jan Joosten et Philippe Le Moigne, Aspects de la Bible grecque, Actes du colloque de Strasbourg, 23 octobre 1997, Revue des Sciences Religieuses, 280 (1999, n° 2), pp. 132-228.

Collaboration à un ouvrage collectif :

– Eberhardt Bons, Jan Joosten et Stefan Kessler, La Bible d’Alexandrie 23.1 Osée, avec la collaboration de Philippe Le Moigne ; introduction de T. Muraoka, Paris, Cerf, 2002, 194 p.

La Bible d'Alexandrie

Présentation de l’éditeur :
On appelle ainsi la première traduction de l’Ancien Testament en grec ; elle fut entreprise à l’intention des nombreux juifs alors émigrés dans le bassin méditerranéen, et spécialement pour l’importante colonie juive d’Alexandrie. La Septante est le fruit d’un travail échelonné sur un siècle (environ 250-150 avant J.-C.). À cette traduction s’ajoutèrent d’une part quelques chapitres qui furent insérés dans les livres hébreux traduits et, d’autre part, quelques ouvrages nouveaux composés directement en grec. Ni le judaïsme ni les Églises de la Réforme ne reconnaissent comme inspirées ces additions, qui sont acceptées en revanche dans les Églises catholique et orthodoxe.
La Septante a joué un rôle capital ; ce fut en particulier le texte utilisé par les chrétiens des origines. L’édition en langue française est actuellement en cours de publication (déjà treize volumes parus) sous le titre « La Bible d’Alexandrie ».

Articles :

– « basileuvwtransitif : du corpus au système, et réciproquement », Cahiers de Biblia Patristica 6, Strasbourg, 1999, p. 177-243.

– « Phraséologie de la résurrection chez les Pères de l’Église », Cahiers de Biblia Patristica 7, Strasbourg, 2003, p. 255-271.

– « Les noms du “bovin” dans le livre d’Isaïe de la Septante. De quelques surprises peu agricoles », dans CHANDEZON, Christophe, & HAMDOUNE, Christine (éditeurs), Les hommes et la terre dans la méditerranée gréco-romaine, Actes du colloque de Montpellier et Loupian (21-23 mars 2002), Toulouse, Presses universitaires du Mirail, 2004 (Pallas, 64), p. 157-168.

– « oujc wJ »dans Ésaïe-LXX », dans JOOSTEN, Jan & LE MOIGNE, Philippe (éditeurs), L’apport de la Septante aux études sur l’Antiquité, Actes du colloque de Strasbourg, 8-9 novembre 2002, Paris, « Lectio divina », Cerf, 2005, p. 71-104.

– « L’obscur, le pseudo et son double, ou : Et toi, effronté et impie, qui crois qu’existe celui qui n’existe pas » (l’article porte sur les lettres du Pseudo-Héraclite), dans : LAURENCE, Patrick, & GUILLAUMONT, François (éditeurs), Epistulae Antiquae IV. Actes du IV° colloque international « L’épistolaire antique et ses prolongements européens » (Université François-Rabelais, Tours, 2-3 décembre 2004), Louvain – Paris, Peeters, 2006, p. 51-64.

– « La Vie d’Ézéchiel ou la discrète omniprésence », dans BAKHOUCHE, Béatrice & LE MOIGNE, Philippe (éditeurs), « Dieu parle la langue des hommes ». Études sur la transmission des textes religieux. Lausanne, Éditions du Zèbre, 2007, p. 51-72.

– « Et de sa bouche sortait une épée acérée, à double tranchant… : étude sur la symbolique des armes dans l’Apocalypse de Jean », dans : SAUZEAU, Pierre, & VAN COMPERNOLLE, Thierry (éditeurs) : Les armes dans l’Antiquité. De la technique à l’imaginaire. Actes du colloque SEMA de Montpellier (20-22 mars 2003), Montpellier, Presses universitaires de la Méditerranée, 2007, p. 69-101.

– « Les avatars de la proskynèse : la première apparition de Darius dans la recension du Roman d’Alexandre », dans : LAURENCE, Patrick, & GUILLAUMONT, François (éditeurs), Epistulae Antiquae V. Actes du Ve colloque international « L’épistolaire antique et ses prolongements européens » (Université François-Rabelais, Tours, 6-8 septembre 2006), Louvain – Paris, Peeters, 2008, p. 49-65.

– « Le Père ou le Roi : stratégies de traduction en Ésaïe IX, 6 et XXII,  21 Septante », communication du 19 octobre 2007 au séminaire « Transmission, traduction, propagande » de la Maison des Sciences de l’Homme de Montpellier, Cahiers du Centre Interdisciplinaire d’Étude du Religieux, revue de la Maison des Sciences de l’Homme de Montpellier, mis en ligne à l’automne 2008 →.

–  « La Septante, ou “l’histoire minutieuse de l’avenir” », dans : Sœur ANNE-ÉTIENNE, Franchet d’Espèrey, Sylvie & Koch-Piettre, Renée (éditrices), « Au croisement des cultures : Alexandrie et la Bible », Foi et Vie 4 (octobre 2008), p. 23-35.

– « La Lettre d’Aristée, ou le reflet d’un miroir, peut-être », dans : Sœur ANNE-ÉTIENNE, Franchet d’Espèrey, Sylvie & Koch-Piettre, Renée (éditrices), « Au croisement des cultures : Alexandrie et la Bible », Foi et Vie 4 (octobre 2008), p. 36-46.

– « Quelques mots sur la langue d’Isaïe-LXX » : partie de l’introduction du volume Isaïe-Jérémie de la traduction roumaine de la Septante (éditeurs : Francisca Băltăceanu & Cristian Bădiliţă), qui se fait dans le cadre du New Europe College de Bucarest (parution : automne 2009) ; le texte, donné à Cristian Bădiliţă en français, est traduit en roumain par ses soins.

– « Les hommes et Dieu, dans la Bible », avec Christine SEMPÉRÉ, dans Philippe GUISARD et Christelle LAIZÉ (éds.), Les dieux et les hommes, « Cultures antiques », Ellipses, Paris, 2010, p. 395-407.

– « “C’est moi qui établis la lumière et fis l’obscurité, qui fais la paix et fonde les malheurs”  : théologie du choix des thèmes verbaux des participes (présent vs aoriste) se rapportant à Dieu, dans la Septante d’Ésaïe », dans Arie van der Kooij et Michaël N. van der Meer (éds.), The Old Greek of Isaiah : Issues and Perspectives, actes du colloque international de Leiden (11-12 avril 2008), Leuven / Paris / Walpole, Peeters, 2010, p. 71-106.

– « “Le Seigneur Dieu des puissances sortira et brisera la guerre” (Ésaïe 42.13 LXX) », dans Jean-Marie Marconot et Bernard Tabuce (éds), La Bible et la guerre, la non-violence, actes du colloque de Lyon (mars 2007), Presses Universitaires de la Méditerranée, 2011, p. 145-156.

– « La Septante et la constitution du corpus », dans Enquête sur la naissance de la Bible, Hors-série du Monde de la Bible, automne 2012, p. 58-62.

– « Thrène pour une étoile. Pourquoi Dieu en veut-il tant au roi de Babylone en Ésaïe 14 (Septante) ? », dans Hélène MÉNARD, Pierre SAUZEAU et Jean-François THOMAS (éds.) La Pomme d’Éris. Le conflit et sa représentation dans l’Antiquité, Presses Universitaires de la Méditerranée, 2012, p. 311-324.

– « Le caractère hétérogène du grec de la LXX : l’exemple de 2M », dans Siegfried KREUZER, Martin MEISER and Marcus SIGISMOND (éds.), Die Septuaginta – Entstehung, Sprache, Geschichte : 3 internationale Fachtagung veranstaltet von Septuaginta Deutsch (LXX.D), Wuppertal 22-25 Juli 2010, Wissenschaftliche Untersuchungen zum Neuen Testament 286, Tübingen, Mohr Siebeck, 2012, p. 249-272.

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