ROMAN Danièle

Roman

Professeur émérite d’histoire ancienne à l’Université Paul-Valéry Montpellier III

Domaine de recherche : histoire de la Gaule romaine

Principales publications :

– Danièle Roman et Yves Roman Aux miroirs de la ville : images et discours identitaires romains (IIe s. avant J.-C. – IIIe s. après J. -C.). Bruxelles : Éditions Latomus, 2007, 442 p. Ouvrage couronné par l’Académie française qui lui a décerné, au titre de ses Prix d’Histoire et de Sociologie de l’année 2008, le Prix François Millepierres (Médaille d’argent).

aux miroirs de la ville

 

– Danièle Roman et Yves Roman, Rome : de la République à l’Empire : IIIe s. av. J.-C.-IIIe s. ap. J.-C. Paris : Éditions Ellipses, 2006, 383 p. (2e édition mise à jour).

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Présentation de l’éditeur :
« Les Romains détestaient la monarchie. Pour eux, notamment pour les grands, elle était synonyme de tyrannie. L’attachement à la République, une république oligarchique d’un type particulier où l’égalité n’était pas celle des hommes mais celle des groupes (« égalité géométrique »), était ainsi quasiment viscéral. Pourtant la République mourut, en raison de son incapacité à gouverner la Méditerranée et de son impossibilité à réduire les ambitions de quelques-uns. Il est vrai que ceux-ci avaient trouvé ailleurs, dans un Orient grec détesté à Rome, les fondements d’une idéologie nouvelle, tyrannique ou monarchique qui, bien vite, eut l’appui de la plèbe de la Ville. C’est l’histoire de cette mutation, de cette révolution romaine que raconte ce livre, étant entendu que, les grands demeurant attachés aux formes de gouvernement du passé, l’émergence, claire, d’un nouveau régime dura des siècles, avec des tentatives étonnantes d’avancée vers la monarchie absolue, comme sous Caligula ou Néron. Alors, d’un point de vue sénatorial, la meilleure forme de résistance fut de répandre partout l’idée que ces principes étaient fous, ce que les historiens acceptèrent, sans raison véritable, durant deux mille ans. Dans le même temps voguaient les bateaux, parfois presque aussi grands que ceux des Génois, un millénaire plus tard, tandis que de riches commerçants, plus ou moins bien insérés dans le tissu social, s’enrichissaient encore, discrètement. La roue du moulin, que l’on crut, longtemps et à tort, férocement archaïque, délivrait son chant et son huile, actionnée par des générations d’ânes. Car, nonobstant ce qui fut dit, le progrès technique n’avait pas déserté Rome. Quant aux combats politiques, ils ne doivent pas nous empêcher d’espérer — espérer seulement — entrevoir la totalité de l’histoire. »

 

– Danièle Roman et Yves Roman (avec la collaboration de Fabrice Delrieux), Rome et l’hellénisme : IIIe-Ier siècle av. J.-C. Paris : Éditions Ellipses, 2005, 311 p.

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Présentation de l’éditeur :

« Les Grecs, forts de leur supériorité culturelle, en matière de philosophie, d’art, de médecine comme en mathématique, s’affirmèrent toujours comme le premier peuple de la terre. Dans le même temps, les Romains se jugeant le peuple le plus pieux du bassin Méditerranéen, le peuple de la fides, considéraient que, nonobstant les discours des Grecs, la domination du monde leur appartenait à bon droit. Le conflit était inévitable, même si, d’une manière aussi paradoxale qu’inattendue, les Romains, maîtres du monde, se virent longtemps pour ce que disaient les Grecs, des Barbares. Mais, s’ils s’inclinèrent souvent devant la culture grecque, les « Barbares » n’en résistèrent pas moins, parfois violemment, face à l’invasion de la Ville par la culture hellénistique, affirmant par là une certaine identité culturelle romaine. De la sorte, s’il y eut un temps pour les synthèses, il fut précédé par le temps des oppositions et des résistances. C’est ce double mouvement qu’analyse le présent ouvrage. »

Rome : la république impérialiste (264 – 27 av. J.-C.). Paris : Éditions Ellipses, 2000, 191 p.

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Présentation de l’éditeur :
« Elle était belle la république de Caton, pour un aristocrate romain tout au moins ! Car si elle cultivait l’égalité, ce n’était pas celle des hommes mais des groupes. Il s’agissait d’un brillant système oligarchique, parfaitement adapté à la domination d’un territoire limité, italien. Malheureusement, quand Rome se fut rendue maîtresse de la Méditerranée tout entière, il montra d’incontestables faiblesses. Non seulement l’administration d’un immense empire grâce aux structures d’une cité se révélait très difficile mais la conquête entraînait une profonde modification de l’identité romaine. La situation devint explosive quand il fut clair que l’aristocratie au pouvoir n’accepterait aucune modification du système politique en vigueur. La confrontation avec les espérances de la plèbe, elles-mêmes appuyées par les troupes d’imperatores, était alors inévitable. La République mourut de ces luttes, alors que Rome connaissait une opulence jamais vue en Méditerranée. » (D. Roman).

– Danièle Roman et Yves Roman, La Gaule et ses mythes historiques, de Pythéas à Vercingétorix. Paris : L’Harmattan, 1999, 249 p.

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Présentation de l’éditeur :

« Depuis deux mille ans, les historiens ont découverts les Gaulois avec les yeux des Romains. Une vue extérieure, ou pour partie extériorisée, permet cependant de restituer un autre éclairage et une autre profondeur de champ. Le regard se porte sur le Gaulois, stéréotypée depuis si longtemps, mais aussi sur le Romain, sur ce qu’il a voulu nous faire accroire, sur sa vision du monde, sa philosophie et son rôle dans celle-ci. »

 

– Danièle Roman et Yves Roman, Histoire de la Gaule, une confrontation culturelle (VIe siècle av. J.-C.-Ier siècle apr. J.-C.). Paris, Fayard : 1997, 650 p.

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Présentation de l’éditeur :
« L’historien d’aujourd’hui ne peut envisager la Gaule et les Gaulois de la même manière que ses prédécesseurs : la génération de Jullian fut marquée par la revanche sur l’Allemagne, celle de Carcopino par la colonisation et celle de Hatt par la décolonisation.
De plus, l’éventail méthodologique, qui s’est élargi et affiné (de l’épigraphie latine à la photographie satellitaire) depuis un siècle, permet de considérer cette histoire sur la longue durée, c’est-à-dire sur le large demi-millénaire qui s’ouvre au début du vil siècle av. J. -C. (fondation de Marseille). Bien avant la première intervention militaire romaine (125 av. J. – C. ), le commerce étrusque puis grec eut une incidence considérable sur la vie même des habitants de la Gaule.
Le vin eut ainsi une fonction beaucoup plus large que celle que lui assignent les sources grecques et latines – étancher la  » soif celtique  » – et modifia en profondeur, avec d’autres produits et objets du monde méditerranéen, les sociétés celtiques. Le commerce joua donc un rôle majeur dans la confrontation de deux civilisations, celle des Grecs et des Romains – fondée sur la pierre -, celle des Celtes – caractérisée par le bois et le torchis.
Il n’importe guère finalement qu’un jour les Italiens aient, dès le milieu du IIe siècle au sud, pris le relais des Grecs, qui eux-mêmes avaient évincé les Étrusques : les échanges avaient dépassé l’ajustement de l’offre et de la demande pour remplir un véritable rôle culturel. Rome prit le problème autrement, imposant armées, colons et provinces. Cette brutalité ne constitua pourtant pas en soi une rupture et se borna à donner de tout autres dimensions aux relations économiques et aux contacts culturels.
Une fois la saignée césarienne opérée, les Romains cherchèrent en outre à séduire, et de leur côté les Gaulois ne furent ni ces hommes falots faits de sable et de vent que décrit Mommsen ni des vaincus acculturés prêts à s’incliner devant la splendeur des décors urbains ou des autres formes de la civilisation méditerranéenne. La romanisation passa ainsi par un demi-millénaire de commerce, par de subtils accords politiques symbolisés par les cérémonies du culte impérial au Confluent des Gaules (Lyon), et par un élargissement du droit de cité (au milieu du Ier siècle ap. J. -C. , les citoyens romains de Gaule étaient les égaux de ceux nés sur les bords du Tibre). Tout fut dit au concile de Reims (70 ap. J. – C. ) où les notables assemblés refusèrent les chemins de la rébellion : ils étaient devenus non pas des Gallo-Romains – le terme est une invention contemporaine -, mais des Romains des provinces des Gaules. »

– Danièle Roman et Yves Roman, Rome, l’identité romaine et la culture hellénistique, 218-31 avant J.-C. Paris, SEDES : 1994, 347 p.

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Présentation de l’éditeur :
« Les Grecs, placés à la charnière de l’Europe et de l’Asie, se considéraient comme l’élite de l’humanité, dotée d’une évidente supériorité culturelle, la seule acceptable dans le bassin méditerranéen.
Les Romains estimaient, eux, que leur piété, leur fides leur valaient à bon droit l’empire du monde. Ces deux positions étaient inconciliables, d’autant plus que Rome domina bientôt l’ensemble de la Méditerranée. La cité maîtresse du monde risquait donc, par sa conquête, de répandre la civilisation d’autrui. Face à cette situation, Rome réagit de diverses manières, notamment par la violence, et affirma ce que les Grecs ne voulaient pas voir : une certaine identité culturelle romaine.
Quant au terme de l’évolution, il fut tel que, peu avant notre ère, Alphée de Mytilène crut de son devoir de mettre en garde Zeus lui-même : « Ferme, ô dieu, les portes inébranlables du grand Olympe; garde, Zeus, la sainte acropole de l’éther; car déjà la mer et la terre sont soumises à la lance de Rome; mais le chemin du ciel n’est pas encore foulé ».

– Danièle Roman et Yves Roman, Sociétés et structures sociales de la péninsule italienne, (218-31 avant J.-C.). Paris, SEDES : 1994, 239 p.

Présentation de l’éditeur :
« Société d’ordres ou société de chasses (socio-économiques) ? La question débattue à propos de la société romaine trouve sa réponse dans les sources antiques qui mentionnent tout à la fois des ordres et des classes (censitaires) et dans l’étonnante définition des désordres sociaux : la discorde des ordres (discordia ordinum).
L’histoire sociale de Rome peut alors se définir comme une tentative des oligarques pour maintenir ce que Cicéron appelait le rang (gradus). Par tous les moyens, y compris les plus violents, ceux-ci imposèrent la survie d’une hiérarchie qui disait leur dignitas, celle des ordres. L’affranchi ne quitta pas une place qu’il s’apprêtait à déserter et l’esclave fut enchaîné à la sienne. Rome garda ainsi son visage mais l’ouverture sociale trouva, bien évidemment, sa limite.
Dans le même tremps, quelques italiens, riches citoyens des municipes, purent, parce qu’ils étaient citoyens romains, accéder aux magistratures romaines. Les autres, devenus électeurs en grand nombre dans le courant du Ier siècle avant J. C. , furent courtisés par les imperatores aspirant au pouvoir. L’expression tota ialia prenait ainsi, d’une manière inattendue, une dimension sociale dans une Italie qui n’était plus uniquement une entité géographique. »

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