QUIOT DERDEYNE Aurore

Docteur en histoire de l’Université Paul-Valéry Montpellier III

Domaines de recherche :
Seconde guerre mondiale
Gard
Alpes maritimes
Pyrénées Orientales
déportations
épurations

Thèse : Déportations et épurations dans le Midi de la France (1942-1950), thèse dirigée sous la direction du professeur Carol Iancu et soutenue en décembre 2007.

Cette thèse centrée sur les départements des Alpes Maritimes, du Gard et des Pyrénées Orientales tente de sortir des clichés traditionnels en examinant toutes les formes de déportation et tous les aspects de l’épuration, tout en apportant des éléments nouveaux sur les deux phénomènes de déportation et d’épuration et en les enrichissant mutuellement par un croisement des deux études.
Une approche prosopographique et statistique met en valeur le destin de l’individu à partir du groupe auquel il appartient. Des listes nominatives des déportés et des hommes épurés ont été établies à partir d’une recherche empirique dans les archives départementales et municipales, les journaux régionaux, les ouvrages généraux et locaux, après comparaison avec d’éventuelles listes existantes. Elles permettent un dénombrement pratiquement exhaustif pour les trois départements concernés et renseignent amplement sur les états civils des hommes et sur leurs parcours chronologiques. Ces recherchent ont abouti à l’établissement d’une typologie des deux catégories.
L’enquête approfondie par les témoignages des acteurs et l’analyse de documents inédits de l’époque abordent des aspects peu connus de la déportation comme les arrestations, les transferts dans les prisons en France, le départ en Allemagne  ou le retour en France.
Ils apportent une contribution sur la période trouble de la Libération avec des variations selon les départements dans la mise en place des CDL, les exécutions sommaires, la tonte des femmes, la limitation des arrestations excessives. L’étude du parcours des personnes épurées a permis d’analyser leurs motivations, les modalités des décisions judiciaires et les difficultés de cette épuration. Une distinction entre  trois formes d’épuration s’est alors imposée : l’épuration illégale, l’épuration para légale et enfin l’épuration légale.
Les conséquences  sur le destin des hommes concernés ont développé des mémoires ennemies : une mémoire vigilante pour la déportation et une mémoire quasi inexistante pour l’épuration. Cependant la mémoire de la déportation est altérée par le négationnisme alors que celle de l’épuration connait actuellement une certaine ouverture.
Une meilleure connaissance des interactions réciproques de la déportation et de l’épuration peut servir le devoir de mémoire qui a singulièrement évolué depuis la fin de la guerre et lui apporter une vision objective par le biais du devoir d’histoire. Enfin une ouverture géographique et temporelle du sujet place les trois départements concernés dans le contexte de la France, dans celui des autres pays européens et dans la postériorité de la question au niveau mondial, de la fin de la guerre à nos jours.

Communications :

– 15 et 16/11/2012 : « Prélude à la solution finale », intervention lors du colloque international organisé à Montpellier Rafles, Déportations, Résistance des Juifs en France pendant la Deuxième  guerre mondiale : histoire et mémoire.

– 17/10/2009 : « Déportations et épurations au travers de la presse de la Libération » à la demande du Club d’Histoire et Archéologie de Marguerittes (Gard).

– 26/11/2008 : Présentation thèse à l’Institut Maïmonide à Montpellier

Membre de l’association loi 1901 « Collectif histoire et mémoire » dont le siège social est à Nîmes et qui a pour objet : la transmission de l’histoire et de la mémoire, l’investigation historique et sa diffusion dans un esprit citoyen au service des valeurs de la République.
En 2013-2014, cette association oriente ses projets vers la réalisation d’un parcours de mémoire juive à Nîmes sous forme d’un audio-guide.

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