JOUANNA Arlette

Professeur émérite d’histoire moderne (Université Paul-Valéry Montpellier III)

Assistante puis maître de conférences à l’Université Paul-Valéry Montpellier III de 1968 à 1978

Professeur d’histoire moderne à l’Université Paul-Valéry Montpellier III de 1978 à 1993

 

Principales publications :

 

Le Prince absolu. Apogée et déclin de l’imaginaire monarchique. Paris, Gallimard, 2014, 336 p.

Arlette Jouana Le prince absoluPrésentation de l’éditeur :
Qu’est-ce que le pouvoir dans la France de Richelieu et de Louis XIV? Question redoutable, inépuisable, que repose ce livre. Arlette Jouanna interroge à frais nouveaux les caractères originaux de l’idéologie absolue comme système de légitimité construit au service d’un prince qui se veut investi par Dieu.
Au XVIIee siècle, après la terrible déchirure des guerres de Religion, la croyance en la sacralité du roi a fait de lui l’unique source du droit, ce qui tend à assimiler le légitime au légal. D’extraordinaire et dangereuse, la puissance absolue est devenue ordinaire et bénéfique ; l’art de gouverner y gagne une autonomie temporelle inédite et entame le lent processus de l’impersonnalisation de l’État. Les résistances à cette révolution politique, qui marie droit divin et raison d’État, échoueront à s’imposer pendant la Fronde. Louis XIV saura incarner mag nifiquement la majesté de l’État absolu ; mais sa force même d’incarnation finit par rendre opaque le lien entre pouvoir et justice. De là à le tenir pour un despote… Son règne marque à la fois l’apogée et le début du déclin de l’imaginaire sacral de la monarchie.
Le Prince absolu fait suite au Pouvoir absolu : Naissance de l’imaginaire politique de la royauté (2013). L’originalité de cette œuvre est de mettre en miroir les fondements théoriques de la «religion royale» avec l’histoire en train de se faire, qui ne cesse de les modeler. Par où elle renouvelle et enrichit notre intelligence de l’histoire politique de l’Ancien Régime.

Stéphane DURAND, Arlette JOUANNA, Élie PÉLAQUIER, Jean-Pierre DONNADIEU et Henri MICHEL, Des États dans l’État. Les États de Languedoc, de la Fronde à la Révolution,  Genève, Droz, 2014, 984 p.

Etats de LanguedocPrésentation de l’éditeur :
Les États de Languedoc, assemblée délibérative composée des représentants du clergé, de la noblesse et du tiers état, ont géré la province de Languedoc depuis le XVe siècle jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. Leurs séances étaient annuelles ; le vote était organisé par tête et non par ordre, originalité d’autant plus grande que le tiers disposait à lui seul du même nombre de voix que les deux premiers ordres réunis.
À partir du milieu du XVIIe siècle s’est affirmé leur rôle politique et économique. Outre la prérogative du consentement de l’impôt, pas toujours fictive, ils ont assumé des responsabilités croissantes dans le développement des voies de communication et la mise en valeur du territoire provincial. Leurs relations avec le pouvoir royal reposaient sur la négociation, le plus souvent déférente mais parfois traversée de tensions. Loin d’être des survivances archaïques d’un passé révolu, ils révèlent, par leur activité, un aspect méconnu de la monarchie, beaucoup moins centralisatrice et absolutiste qu’on ne le croit.

Le pouvoir absolu. Naissance de l’imaginaire politique de la royauté. Paris, Gallimard, Collection l’Esprit de la Cité, 2013, 448 p. Prix Chateaubriand 2013

Institut de France logo

Arlette Jouanna Le pouvoir absoluPrésentation de l’éditeur :
Le pouvoir absolu épouse la longue histoire de la monarchie. On l’imagine souvent inscrit dans une logique immuable, jusqu’au procès d’indignité que vont lui intenter les Lumières. C’est cette double image de la continuité du système absolu et de son caractère fatalement subversif de toute justice que cet ouvrage met à mal. Absolu, écrit Arlette Jouanna, signifie la possibilité légale de transgresser les lois au nom d’une légitimité supérieure ; et cette idée du pouvoir, loin d’être immuable, n’a cessé de s’infléchir à l’épreuve des bouleversements qui agitent l’histoire politique de la royauté.
Avant les guerres de Religion, on l’ignore trop, le monarque ne pouvait déroger aux lois qu’au titre de l’exception et de l’urgence. Et, même délié des lois, il restait lié par la Raison, cet ordre juste que Dieu faisait régner dans le monde. Mais la déchirure religieuse, en désagrégeant la cohésion sacrale du corps politique, a fait perdre le sens de la correspondance – jusque-là si évidente – entre la cité céleste et la cité terrestre : seul le roi en personne pouvait désormais incarner l’unité des communautés désunies.
L’originalité radicale de la voie française aura été cette construction, à la fois intellectuelle et institutionnelle, d’un espace politique extérieur et supérieur aux passions humaines. Telle est la nouvelle figure du prince absolu, projeté loin au-dessus des sujets dans une proximité mystérieuse et solitaire avec Dieu. C’est cette transcendance qui confère à sa volonté une autorité sans précédent, quasi sacrée, seule capable de tenir ensemble le royaume.

La France du XVIe siècle (1483-1598), Paris, PUF, 2012 (5ème éd., 1ère éd. en 1996), 720 p.

Arlette Jouanna France du XVIe siecle

Présentation de l’éditeur :
La France du XVIe siècle est-elle une monarchie absolue ou un assemblage hétéroclite de territoires plus ou moins gouvernables ? 
Quelles sont les caractéristiques de ce siècle de « Renaissance » et de mutations ?
Quelles ont été les conséquences des guerres civiles qui l’ont traversé ?
Telles sont quelques-unes des questions auxquelles répond ce manuel en démontrant que le XVIe siècle est avant tout en France celui du renforcement de la royauté. La monarchie, déjà enracinée dans les mœurs de la fin du Moyen Âge, tant par l’allégeance du peuple que par l’efficacité de l’appareil d’État, va s’affermir tout au long de la Renaissance. Les guerres civiles qui agiteront ce siècle de tensions religieuses seront une épreuve fondatrice qui forgera la France moderne.

– Coord. avec Élie Pélaquier du CDRom : Les États de Languedoc. 46 délibérations de 1648 à 1789, Montpellier, CRISES, 2009.

deliberations Etats de Languedoc

La Saint-Barthélemy. Les mystères d’un crime d’État, Paris, Gallimard, coll. « Les Journées qui ont fait la France », 2007, 416 p.

Arlette Jouanna Saint BarthelemyPrésentation de l’éditeur :
Le 18 août 1572, Paris célèbre avec faste le mariage de Marguerite de Valois et d’Henri de Navarre, événement qui doit sceller la réconciliation entre catholiques et protestants. Six jours plus tard, les chefs huguenots sont exécutés sur ordre du Conseil royal. Puis des bandes catholiques massacrent par milliers «ceux de la religion» – hommes, femmes, vieillards, nourrissons…
Comment est-on passé de la concorde retrouvée à une telle explosion de violence? Comment une «exécution préventive» de quelques capitaines a-t-elle pu dégénérer en carnage généralisé? Quel rôle ont joué le roi, la reine mère, les Guises, le très catholique roi d’Espagne? De ces vieilles énigmes, Arlette Jouanna propose une nouvelle lecture.
La Saint-Barthélemy n’est l’œuvre ni des supposées machinations de Catherine de Médicis, ni d’un complot espagnol et encore moins d’une volonté royale d’éradiquer la religion réformée. Charles IX, estimant sa souveraineté en péril, répond à une situation d’exception par une justice d’exception. Mais en se résignant à ce remède extrême, il installe, sans en faire la théorie, une logique de raison d’État.
Cette tragédie, vécue comme une rupture inouïe, suscite une réflexion foisonnante sur les fondements du pouvoir, les limites de l’autorité, la légitimité de la désobéissance ; sur le danger aussi que font courir les divisions religieuses aux traditions du royaume. Mais cet effort de restauration politique va se heurter à la sur-sacralisation du roi, qui ouvre la voie à l’absolutisme des Bourbons.

– Arlette JOUANNA, Philippe HAMON, Dominique BILOGHI, Guy LE THIEC : La France de la Renaissance. Histoire et dictionnaire, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2001, 1248 p.

Arlette Jouanna La France de la Renaissance
Présentation de l’éditeur :

De la politique à l’économie, de la littérature à l’architecture, de l’art à la religion : une synthèse des connaissances de cette période.
«Un siècle si plein de lumières»… C’est ainsi que Rabelais qualifie son époque. Les contemporains de la Renaissance – étiquette qui a été collée à cette période par l’historiographie du XIXe siècle – ont cru à l’avènement d’un nouvel âge d’or : il allait faire disparaître définitivement l’ignorance et triompher des «ténèbres gothiques» du Moyen Âge. La France – après l’Italie – participe à ce bouleversement. Elle s’ouvre à la révolution de l’imprimé ; les guerres d’Italie resserrent les liens entre les lettrées et les artistes de part et d’autre des Alpes. Les noms de Ronsard et du Bellay en littérature, de Philibert Delorme et Jean Goujon en architecture et sculpture, de Clément Janequin en musique, d’Ambroise Paré et Jean Fernel en médecine, attestent l’éclat de la culture française protégée par un grand roi, François Ier. C’est aussi un temps d’affermissement du pouvoir royal, d’essor démographique, de dynamisme des échanges. Mais le sentiment de renouveau ne touche qu’une frange de la population ; paysans, artisans et pauvres voient les travaux et les jours se succéder sans changement notable. L’ébranlement du vieil édifice des idées et des moeurs suscite bien des inquiétudes, dont le soupçon de l’hérésie, avec la diffusion des doctrines de Luther puis de Calvin. Les premiers bûchers s’allument, prélude aux guerres civiles.

– Arlette JOUANNA, Jacqueline BOUCHER, Dominique BILOGHI, Guy LE THIEC : Histoire et Dictionnaire des guerres de Religion, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1998, 1536 p.

Arlette Jouanna guerres de religion
Présentation de l’éditeur :
Les luttes sanglantes entre catholiques et protestants. De la Saint-Barthélemy à l’avènement de Henri IV, la période la plus trouble et la plus dramatique de l’histoire de France, mais l’une des plus brillantes dans le domaine des sciences, des lettres et des arts.
Dans la seconde moitié du XVIe siècle, l’opposition entre catholiques et protestants plonge la France dans quarante ans de guerres civiles. De François II à Henri IV, huit guerres de Religion manifestent l’ampleur de l’opposition provoquée par le camp de la Réforme. Ce rejet culmine avec les massacres de la Saint-Barthélemy ; mais l’édit de Nantes (1598) apporte une trêve qui durera près d’un siècle. La lutte religieuse attise également les conflits politiques. Les modérés, tel Michel de L’Hospital, soutenus par Catherine de Médicis, plus conciliante que ne le veut sa réputation d’intrigante sans scrupules, perdent du terrain face aux ultra-catholiques de la Ligue, dirigée par les Guise. Celle-ci ne pourra toutefois empêcher l’avènement sur le trône d’un roi d’origine protestante, Henri de Navarre, qui sera sacré à Chartres le 27 février 1594 après avoir abjuré sa foi. Ainsi, la dynastie des Bourbons succède-t-elle à celle des Valois. Ce volume propose d’abord un récit et une mise en perspective de cette période mouvementée. Un Dictionnaire offre plusieurs centaines de notices biographiques, de définitions de termes religieux, politiques, juridiques propres à l’époque.

Le Devoir de révolte. La noblesse française et la gestation de l’État moderne (1559-1661), Paris, Fayard, 1989, 504 p.

Arlette Jouanna Le devoir de revolte

Présentation de l’éditeur :
Se proclamer  » Mécontent « , c’était pour les nobles, pendant le siècle troublé qui sépare les règnes de Henri II et de Louis XIV, se prévaloir d’un statut quasi officiel d’opposant à la politique royale. En l’absence d’institutions vraiment efficaces permettant de s’exprimer légalement, le recours à la violence apparaissait comme un moyen normal de faire entendre sa voix: les Mécontents qui avaient à se plaindre du roi ou de ses conseillers  » prenaient les armes  » pour faire pression sur lui et alerter l’opinion. Ces révoltes ambiguës ont rassemblé des hommes issus de catégories sociales variées, mais leurs chefs ont été des gentilshommes, parmi lesquels on comptait les plus grands noms de la noblesse. Ceux-ci poursuivaient un but commun, par-delà la diversité de leurs convictions religieuses: il s’agissait pour eux de promouvoir une plus grande participation des sujets _ dont ils s’estimaient les porte-parole naturels _ au gouvernement. Leurs prises d’armes ont été un effort désordonné et souvent désespéré devant l’évolution  » absolutiste  » de la monarchie, pour faire triompher une autre conception, tout aussi cohérente, du pouvoir et des hiérarchies sociales: pour eux, se révolter était un devoir.
La connaissance de ces révoltes, de leurs animateurs, l’examen attentif des écrits _ théoriques ou de circonstance _ publiés à leur occasion, est indispensable pour bien saisir la portée de l’évolution politique de l’âge classique auquel on est condamné à ne rien comprendre si on ne la situe pas dans la perspective des combats qui l’ont précédé. Après la Fronde se dégagera lentement une théorie politique plus ouverte sur la recherche de moyens institutionnels susceptibles d’incarner durablement l’idéal politique de la noblesse, ou du moins de la partie la plus riche et la plus éclairée d’entre elle. Au carrefour de l’histoire politique, de l’histoire sociale et de l’histoire des idées, cette démarche apporte une contribution décisive à l’étude des relations entre pouvoir et société dans la France d’Ancien Régime.

Ordre social. Mythes et hiérarchies dans la France du XVIe siècle, Paris, Hachette, 1977, 252 p.

Arlette Jouanna Ordre social

 

Les commentaires sont fermés.