GILET Myriam

Docteur en Histoire militaire (Université Paul-Valéry Montpellier III)

Chercheuse associée au Crises (Centre de recherches en sciences humaines et sociales de Montpellier, E.A. 4424, Université Paul-Valéry de Montpellier).

Ancienne allocataire de recherche du Centre d’études d’histoire de la Défense (Cehd, Château de Vincennes, 2002-2004).

https://univ-montp3.academia.edu/MyriamGilet

Thèmes de recherche :

Périodes : Moyen Âge tardif, époque moderne (xive-xviiie siècles).

Domaine de recherche : histoire de la mort et du cadavre.

Thèmes spécifiques : la mort des élites militaires (l’exemple de la noblesse française) ; reliques profanes et mémoire des défunts.

 

Intitulé de la thèse de doctorat :

La mort des grands officiers militaires français, du règne de Charles V à la fin de l’Ancien Régime : réalités macabres et représentations corporelles, dir. Bernard Peschot (Maître de conférences Hdr), Université de Montpellier III (11 décembre 2010).

Résumé :
À l’instar des morts souveraines et princières sous l’Ancien Régime, le trépas d’un grand officier militaire est un événement. Les morts de connétables, d’amiraux et de maréchaux de France en particulier, ont donné lieu à de nombreux récits et nourri la réflexion de leurs contemporains. Ces derniers ont décrit l’aspect de leurs blessures de guerre ou de leurs meurtrissures, les lésions empreintes dans leurs chairs par la maladie et le grand âge, ont relaté ce que devinrent leurs dépouilles mortelles. La mort de ces représentants du Roi, par ailleurs chefs naturels du second ordre, est une réalité biologique, empreinte de discours et d’imaginaire. Ses détails concrets, avérés ou idéalisés, et les manipulations des corps morts, ont été appréhendés comme des révélateurs subjectifs des relations de l’élite militaire avec l’autorité monarchique en France. Ils ont permis de s’intéresser aux rapports individuels et collectifs – consensuels ou conflictuels – à la centralisation étatique des pouvoirs et des loyautés, depuis le règne de Charles V jusqu’à la fin du xviiie siècle.
Les cas représentatifs d’une récupération circonstancielle et d’une instrumentalisation politique ou idéologique de ces défunts, puis de leur souvenir, ont été mis en exergue. Une attention spéciale a été portée aux morts violentes ou suspectes, car étant les mieux documentées ; elles incluent des disparitions brutales à la guerre à l’époque moderne, des meurtres ou des décès soudains ayant fait débat voire polémique. Les historiens ont longtemps relaté de manière anecdotique les traitements réservés aux corps de ces grands officiers – ouverts à des fins d’expertise ou de conservation sinon outragés – et le destin spécifique de parties de cadavre – des cœurs embaumés, des « reliques »… Ces interventions sur les chairs mortes, honorifiques ou infamantes, témoignent cependant des multiples enjeux, religieux ou spirituels, identitaires, militaires voire diplomatiques, ayant présidé à la mort des grands en France et en Europe, au bas Moyen Âge et à l’époque moderne. Leur mémoire, écrite ou matérielle, conserve leur trace de nos jours encore.

 

Publications :

Articles dans des actes de colloques et journées d’étude :

Publiés :

2016. « Restes mortels et reliques des hommes de guerre huguenots en France : l’exemple de l’amiral de Coligny », Revue d’histoire du protestantisme, t. I, 2016-3, p. 391-415. [Actes de la Journée d’étude internationale, « Restes et reliques dans le monde réformé (XVIe-XXe siècles) org. à Paris le 17 mai 2014, Institut protestant de théologie, par le Groupe de recherche en histoire des protestantismes (Grhp), dir. Hugues Daussy, Pierre-Olivier Léchot, Valentine Zuber]. http://www.droz.org/france/fr/6420-9782600047562.html

2011. « Mémoires de poison : ouverture des corps et polémiques autour de la mort des maréchaux de France Robert IV de La Marck (1556) et Jean-Baptiste d’Ornano (1626) », dans IIIe colloque international de pathographie : Bourges, avril 2009. Actes publiés sous la dir. de Philippe Charlier, Paris, de Boccard, coll. « Pathographie », 2011, p. 363-382.

2009. « Le “Théâtre des cruautés” de la guerre : les exécutions sommaires de grands officiers militaires français pris au combat au xvie siècle », dans Les « dérapages » de la guerre, du XVIe siècle à nos jours/Kriegsverbrechen vom 16. Jahrhundert bis zur Gegenwart. Actes du colloque international de Montpellier, 4-6 octobre 2007, organisé par l’Université de Montpellier III Paul-Valéry et l’Esid-Fre 3016 du Cnrs, dir. Frédéric Rousseau, Burghart Schmidt, Hambourg, Dobu Verlag, 2009, p. 50-65.

2005. « Les corps en gloire des hommes de guerre illustres dans la France du xvie siècle : les cas des ducs François de Guise et Anne de Montmorency », dans Histoire, Défense et société, 2005, n°3 : Entre Cour et campagnes : quelques aspects de l’histoire militaire de la France moderne. Hommage à Anne Blanchard, p. 49-74.

À paraître :

– « Le cadavre embaumé du maréchal de Saxe : sources et enjeux de la mort d’un grand serviteur de guerre dans la France des Lumières ». Le cadavre préservé : savoirs et pratiques autour de la conservation et l’exposition du corps mort (xvie-xxe siècles)/Preserving the corpse : knowledge and practices on the preservation and exhibition of the dead body (16th-20th centuries). Actes du colloque international, 19-20 septembre 2014, École Normale Supérieure, Paris, org. Labex HASTEC, IHMC, Université de Paris I, dir. Diego Carnevale, Vincent Denis (à paraître aux Presses universitaires de Rouen, 2016).

– « Restes mortels et reliques des hommes de guerre huguenots en France : l’exemple de l’amiral de Coligny (dernier tiers du xvie s. – xxe s.) ». Restes et reliques dans le monde réformé (xvie-xxe siècles) : journée d’étude internationale 2014 (17 mai, Institut protestant de théologie, Paris), organisée par le Groupe de recherche en histoire des protestantismes (Grhp), dir. Hugues Daussy, Pierre-Olivier Léchot, Valentine Zuber (à paraître dans la Revue d’histoire du protestantisme au 3e trimestre 2016).

– « Le cadavre outragé du connétable d’Armagnac : itinéraires d’infamie et honneurs posthumes à Paris (juin 1418, mai 1436, novembre 1437) ». Actes du séminaire d’histoire médiévale « Recordium » : Les solidarités urbaines, dir. Christiane Raynaud, Aix-Marseille Université (éditions du Léopard d’Or, 2016).

Compte rendu critique :

2009. « Denis Crouzet, Charles de Bourbon, connétable de France, Paris, Fayard, 2003, 715 p. », dans La biographie en histoire : jeux et enjeux d’écriture, dir. Antoine Coppolani, Frédéric Rousseau, Paris, Michel Houdiard éditeur, 2009, p. 127-128.

Communications non publiées :

Colloque :

2015, 13 mars : « Reliques et mémoire des hommes de guerre illustres : l’exemple de l’amiral de Coligny (France, xixe-xxe siècles) ». Droits et vie du corps mort : colloque organisé par le Centre européen d’études et de recherche Droit & Santé (Ceerds), Université de Montpellier, les 12 et 13 mars 2015 à Sète, dir. Juliette Dugne, Adrien Nieto.

Séminaires de recherche :

2010, 24 novembre : « La mort des grands officiers militaires français sous l’Ancien Régime (milieu du xive siècle – fin du xviiie siècle) : traitement des corps et enjeux de pouvoir ». Le corps régulé : du biologique au culturel, dir. Anne Carol, Isabelle Renaudet, Telemme-Umr 6570 du Cnrs, Maison méditerranéenne des Sciences de l’Homme, Aix-marseille Université.

2006, 5 octobre : « “Frappes chirurgicales de décapitation” à l’époque moderne : tactiques de l’élimination au combat de grands officiers militaires français ». Commission « Nouvelle histoire bataille », dir. Laurent Henninger, Centre d’études d’histoire de la Défense, Château de Vincennes.

2003, 6 décembre : « Les destins des corps des grands officiers militaires français, du règne de Charles V à la fin de l’Ancien Régime ». Commission « Jeunes chercheurs », dir. Jean-Christophe Romer, Cehd, Université de Paris I – Sorbonne.

Valorisation de la recherche :

 2015, 6 juin : « Le corps embaumé de Maurice de Saxe, maréchal de France ». Conférences de la Société d’histoire du protestantisme de Montpellier, Faculté de théologie protestante.

2012, 15 septembre : « Reliques et mémoire nobiliaire de l’amiral de Coligny : l’os de phalange du château de Choye (Haute-Saône) » : conférence dans le cadre des rencontres du Musée de Châtillon-Coligny (Loiret) à l’occasion des Journées du Patrimoine 2012.

2011, 3 décembre : « Une relique oubliée de l’amiral de Coligny : l’os de phalange du château de Choye (Haute-Saône) ». Conférences de la Société d’Histoire du Protestantisme de Montpellier.

Les commentaires sont fermés.