Lignes de force du questionnement global

1. Les acteurs et entrepreneurs de mémoire

– Qui sont les entrepreneurs de mémoire ? (initiateurs, groupes de pression, commanditaires ; acteurs politiques ; concepteurs ; muséographes ; financeurs).

– Quelles sont leurs stratégies ?

visite Caverne du Dragon

Une visite à la Caverne du Dragon (Aisne)
(source : Caverne du Dragon – Musée du Chemin des Dames)

2. Les pratiquants

– Qui visite les musées ?

Seront prises en compte le nombre et la qualité des visiteurs ; on se demandera notamment si ces données peuvent être utilisées comme un indicateur de mémoire vive.

– Comment visite-t-on ? (Temps passé ; groupes ou individus, etc.)

– Qu’apprend-on au musée ? Ce que l’on sait déjà ?

3. Les espaces muséaux (matériels et virtuels)

– Comment les passés sont-ils mis en espace, mis en scène, exposés ?

Architecture, muséographie, scénographie ; apports de la technologie (bornes audio-visuelles, archives audio-visuelles)

MEMORIAL DU MARECHEL LECLERC DE HAUTECLOCQUE ET DE LA LIBERATION DE PARIS  MUSEE JEAN MOULIN2    SALLE DE LA LIBERATION

La salle Jean Moulin La salle Maréchal Leclerc
MEMORIAL LECLERC – MUSEE JEAN MOULIN DE PARIS
(source : Mémorial Leclerc-Musée Jean Moulin)

– Quant aux musées virtuels, il s’agira d’étudier notamment si ces espaces numériques exposent des messages conformes ou différents du musée physique dont ils sont la vitrine planétaire. Ces musées seront étudiés dans leurs aspects statiques (c’est-à-dire en tant que vitrine des musées physiques à visiter), mais également dans leur dimension dynamique ; ce qui pose bien évidemment le problème de la traçabilité possible des musées virtuels mais aussi de leur légitimité.

4. Les narrations

– Comment les traditions sont-elles inventées ?

– Comment les passés sont-ils racontés ? Etude des textes et de l’iconographie ; des objets exposés ; des publications (brochures, catalogues) et des objets-souvenirs diffusés par le musée.

Au total, il s’agit de relever les lignes de fractures, les lignes de partage ainsi que les partages mémoriels ; d’analyser les écritures, et les réécritures du passé ; de repérer les continuités et les discontinuités ; de repérer la hiérarchisation des souffrances ; celle des mémoires ; les oublis et les négationnismes ; les paradigmes dominants ; les paradigmes transnationaux, les divergences mémorielles nationales. Afin, au total, de dévoiler les espaces de dialogue et de négociation des mémoires européennes.

Il s’agit également d’interroger les fonctions politiques (intérieures et internationales) et sociales des représentations muséales (notamment identitaires) ; de considérer la création d’un musée comme acte politique et le musée comme lieu du politique ; de questionner les fonctions scientifiques des musées, et notamment les rapports des musées à la connaissance scientifique.

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