« Artémidore et la philosophie de son temps »

Brigitte Pérez

(Université Paul-Valéry Montpellier III)

« Artémidore et la philosophie de son temps » :

Artémidore, sans être philosophe, fait preuve d’une démarche scientifique même s’il s’agit de pseudo-science. Les Stoïciens ont cherché à fonder rationnellement la relation entre divers signes (ici les songes) et les événements auxquels ils sont censés correspondre et tentaient par là de légitimer le fondement de leur philosophie, telle qu’elle se développe dès le Ier s. av. J.-C., avec la grande figure de Posidonius, la doctrine de la sympathie universelle.
On proposera d’échapper à la Quellenforschung concernant les classifications de rêves qui semble importée dans la question artémidorienne par la grande question posidonienne.
Sans oublier la classification médicale à partir d’Hérophile mais aussi d’Hippocrate et Galien, on cherchera des indices pour une légitimation du côté du platonisme.
Le Cassius Maximus auquel Artémidore dédie son ouvrage est sans doute Maxime de Tyr, philosophe platonicien. Artémidore invente la catégorie de rêves allégoriques, où l’écart entre le rêve et son interprétation renvoie au concept rhétorique et philosophique d’allegoria, fondamental depuis le Ier s. tant dans le platonisme que dans le stoïcisme. Enfin, avec ses dieux « éthérés » dans sa classification de dieux du livre IV, Artémidore rejoint l’univers médioplatonicien caractérisé par une hiérarchie des êtres et un rapport entre dieux et éther.

journee Artemidore Perez

Artemidore affiche 2009

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