Libanios, le premier humaniste (18-20 mars 2010)

Libanios, le premier humaniste

Éducation, pensée politique, culture et rhétorique

chez un auteur du IVe siècle après Jésus-Christ

libpourweb

Colloque international en hommage
au professeur Bernard Schouler

organisé par Pierre-Louis Malosse,
avec la collaboration d’Odile Lagacherie
et le soutien des laboratoires CRISES et RARE,
des Universités de Bristol, d’Iowa, de Montpellier III,
de l’État d’ Espirito Santo (Brésil) et du DAAD,
ainsi que de la ville de Montpellier

Argument :

Sous plusieurs aspects, Libanios fait figure de lointain ancêtre des humanistes du Quattrocento et de la Renaissance. Comme eux, il a les yeux fixés sur la culture héritée de ce qui est déjà en son temps une Antiquité. Et ce n’est pas une admiration inerte : cette culture est pour lui le meilleur moyen d’agir sur le présent, l’arme pour en dénoncer les erreurs, l’instrument de son progrès. Écrivain et penseur de référence dans l’Antiquité tardive, même pour les chrétiens, presque égalé aux auteurs classiques par les Byzantins, il fut aussi l’objet d’un vif intérêt en Occident pendant la Renaissance et au début de l’âge classique, mais connut une éclipse par la suite, particulièrement au cours de ce qu’on pourrait appeler le siècle de la modernité triomphante (approximativement de 1870 à 1970) : trop rhétorique quand la rhétorique était discréditée, trop tardif pour l’école littéraire, trop littéraire pour les philosophes et les historiens, trop païen pour les patristiciens, trop rétrograde pour les partisans du « sens de l’histoire ». En revanche, au XXe finissant et au XXIe commençant, le renouveau des études libaniennes est saisissant. Ainsi, au cours des vingt dernières années on dénombre environ cent trente publications consacrées au sophiste, dont une trentaine de livres entiers. Un colloque spécifique permettra donc de mettre en évidence le « retour à Libanios » propre à notre époque, de nouer les fils des diverses recherches en cours et d’ouvrir de nouvelles perspectives.
Au cours du XXe siècle l’attention s’est portée surtout sur l’intérêt historique de Libanios, son témoignage sur la société et les lois de son temps, sur les empereurs du IVe siècle – en particulier Julien -, sur ce qu’il donne à connaître des élites et de leur idéologie sous le « Nouvel Empire » constantinien, dans une moindre mesure sur les rapports entre christianisme et paganisme. C’est un autre Libanios – le même, pourtant, et le rapport à l’histoire ne peut être totalement omis – qui nous intéressera en priorité ici, principalement celui que fit connaître dès 1973 la démarche originale de Bernard Schouler dans son Libanios et la tradition hellénique, bref l’écrivain et le penseur – penseur engagé, écrivain soutenant des causes – qui s’emploie à maintenir ou à revivifier la culture grecque. On justifiera alors (à moins qu’on ne veuille au contraire la contester) la définition de Libanios comme « premier humaniste ». Parmi les traits caractéristiques de Libanios, traits qui furent aussi, bien plus tard, ceux de l’humanisme, seront à étudier plus particulièrement la pensée politique, le souci de l’éducation, l’attention portée à la langue, la psychologie, l’emploi de la rhétorique et sa mise au service du bien, la réinterprétation de l’histoire de la Grèce et de la mythologie. Le concept de pensée politique est à prendre au sens large, s’étendant de la question précise du gouvernement et de la mission du roi au fonctionnement général de la société et à la définition du rôle de chacun dans le corps social, à tous les étages, famille, cité, empire – bref toute une vision du monde. Sont à inscrire au titre de l’éducation non seulement les idées générales sur l’utilité de la culture, mais encore la pratique d’enseignant de Libanios et l’action du maître en faveur de ses élèves. Quant à la rhétorique, il serait sans doute avantageux d’explorer particulièrement les corpus encore trop partiellement étudiés des déclamations et des lettres.

Programme :

Jeudi 18 mars 2010

  • 10h Accueil des participants
  • 10h20 Ouverture du colloque
  • 10h40 Carte blanche à Bernard Schouler
  • 11h20 Luigi-Alberto Sanchi (IRHT) : « Diffusion et réception de Libanios à la Renaissance »
  • Pause – déjeuner

Présidence : Pierre Sauzeau, professeur émérite à l’Université Paul-Valéry

  • 13h40 Craig Gibson (Iowa University) : « Portraits of paideia in Libanius’ Progymnasmata »
  • 14h20 Mikael Johansson (Univ. d’Uppsala) : The declamations and their historical contents
  • 15h Pause
  • 15h20 Robert J. Penella (Fordham University, New York) : «Menelaus, Odysseus, and the Limits of Eloquence in Libanius, Declamations 3 and 4 »
  • 16h Marilena Casella (Univ. de Messine) : « Metafore animali, suoni onomatopeici e proverbi in alcune orazioni kata archontôn di Libanio »
  • 16h40 Guillermo Perez Galicia (Univ. de Salamanque) : « Les lettres de Libanios comme clefs de la nouvelle rhétorique hellénique de la paideia »
  • 17h20 Discussion générale
  • 17h40 Fin de la journée

Vendredi 19 mars 2010

Présidence : Marie-Pierre Noël, professeur à l’Université Paul-Valéry

  • 9h20 Raffaella Cribiore (New York University) : « Defending Julian: Libanius and Or. 37 »
  • 10h Ugo Criscuolo (Univ. Federico II, Naples) : « Considérations sur le dernier Libanios »
  • 10h40 Pause
  • 11h Bella Sandwell (University of Bristol) : « Divination as a metaphor for social intelligence in the writings of Libanius »
  • 11h40 Catherine Saliou (Univ. Paris 8) : « La notion de tryphé chez Libanios »
  • 12h20 Discussion générale
  • Pause – déjeuner

Présidence : Brigitte Pérez-Jean, professeur à l’Université Paul-Valéry

  • 14h Gilvan Ventura da Silva (Univ. de Vittoria, Brésil) : « Qualche riflessione sull’idea di città nell’oratio XI di Libanio »
  • 14h40 Odile Lagacherie (Univ. Stendhal, Grenoble) : « Jeu et enjeux de la rhétorique dans les discours XII et XIII »
  • 15h20 Pause
  • 15h40 Bernadette Cabouret (Univ. Lyon III) : « Les lettres de recommandation de Libanios : l’art de la variation »
  • 16h20 Lieve Van Hoof (Univ. d’Exeter et de Leuwen) : « Rhetoric in Society. Libanius on his School »
  • 17h Marilena Casella (Univ. de Messine) : à préciser
  • 17h40 Discussion générale
  • 18h Fin de la journée

Samedi 20 mars 2010

Présidence : Bernard Schouler

  • 9h20 Jean-Michel Carrié (EHESS) : « Libanios et la pratique de l’understatement »
  • 10h Manfred Kraus(Univ. de Tübingen) : « Les conceptions politiques et culturelles dans les progymnasmata de Libanios et Aphthonios »
  • 10h40 Pause
  • 11h Gabriele Marasco (Univ. de Viterbe) : à préciser
  • 11h40 Emmanuel Soler (Univ. de Rouen) : « Libanios et la philanthrôpia »
  • 12h20 Discussion générale
  • 12h40 Clôture du colloque

affiche Libanios humaniste

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