Séminaire du 14 février 2014

Vendredi 14 février

Université Paul-Valéry, Site Saint-Charles, salle des colloques n°2 à 9h30

Dans le cadre du séminaire PO.TE.RE., Présentation par Arlette JOUANNA de son ouvrage Le pouvoir absolu : naissance de l’imaginaire politique de la royauté, Prix Chateaubriand 2013

Potere Jouanna 2014

Mme Arlette Jouanna est l’auteur notamment de :
La France du XVIe siècle, 1483-1598
La Saint-Barthélémy
– Les mystères d’un crime d’État, 24 août 1572

La France de la Renaissance. Histoire et Dictionnaire.

L’auteur analyse la notion de pouvoir absolu, à rebours d’une tradition de l’historiographie du pouvoir royal jugée téléologique, et entend examiner les constructions juridiques et philosophiques, qui cherchent à légitimer ou à contester le pouvoir souverain, en les rapportant à une étude précise des évènements.
Les Guerres de religion y prennent un relief déterminant. Avant elles, le monarque ne pouvait déroger aux lois qu’au titre de l’exception et de l’urgence. Une attention nouvelle prêtée à la chronologie fine du XVIe siècle montre que les Guerres de religion ont fait émerger la figure du roi comme seul susceptible d’incarner une unité que les évènements avaient rompue. La sacralisation de la personne royale prit alors le pas sur celle de la fonction.

Arlette Jouanna Le pouvoir absoluPrésentation de l’éditeur :
Le pouvoir absolu épouse la longue histoire de la monarchie. On l’imagine souvent inscrit dans une logique immuable, jusqu’au procès d’indignité que vont lui intenter les Lumières. C’est cette double image de la continuité du système absolu et de son caractère fatalement subversif de toute justice que cet ouvrage met à mal. Absolu, écrit Arlette Jouanna, signifie la possibilité légale de transgresser les lois au nom d’une légitimité supérieure ; et cette idée du pouvoir, loin d’être immuable, n’a cessé de s’infléchir à l’épreuve des bouleversements qui agitent l’histoire politique de la royauté.
Avant les guerres de Religion, on l’ignore trop, le monarque ne pouvait déroger aux lois qu’au titre de l’exception et de l’urgence. Et, même délié des lois, il restait lié par la Raison, cet ordre juste que Dieu faisait régner dans le monde. Mais la déchirure religieuse, en désagrégeant la cohésion sacrale du corps politique, a fait perdre le sens de la correspondance – jusque-là si évidente – entre la cité céleste et la cité terrestre : seul le roi en personne pouvait désormais incarner l’unité des communautés désunies.
L’originalité radicale de la voie française aura été cette construction, à la fois intellectuelle et institutionnelle, d’un espace politique extérieur et supérieur aux passions humaines. Telle est la nouvelle figure du prince absolu, projeté loin au-dessus des sujets dans une proximité mystérieuse et solitaire avec Dieu. C’est cette transcendance qui confère à sa volonté une autorité sans précédent, quasi sacrée, seule capable de tenir ensemble le royaume.

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