Mercredis de l’Antiquité (2013-2014)

 

Mercredis Antiquite 2013-2014

Programme 2013-2014

Mercredi 16 octobre 2013 à 18h30 :
Jean-Marc LUCE, Professeur d’archéologie et d’histoire de l’art du monde grec, Université de Toulouse-Le Mirail, directeur du CRATA :  « La ville Delphes »

Delphes est connu pour son sanctuaire et sa très fameuse Pythie qui rendait des oracles assise sur son trépied. Les touristes qui visitent le site peuvent admirer les vestiges des trésors élevés par les différentes cités du monde grec, des temples et des monuments qui servaient aux compétitions sportives et musicales. Peu de gens savent que ces ensembles prenaient place à l’intérieur d’une ville. On ne peut leur en faire grief, puisque les recherches qui ont été engagées sur ce thème sont restées jusqu’à présent très limitées. C’est pour combler cette lacune que l’Ecole française d’Athènes a engagé un vaste programme de prospections et de fouilles, dans toute la zone archéologique enclose. En croisant les données déjà disponibles et les premiers résultats, il est possible d’en suivre partiellement l’évolution générale tout au long de sa longue existence de vingt-deux siècles (du XVIe s. av. J.-C. au VIIe s. apr. J.-C.). On n’en comprend que mieux le développement des sanctuaires qui ont pris place au sein d’un lieu apparu bien plus anciennement, et qui disparut bien plus récemment.

mercredi 16 octobre 2013

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Mercredi 6 novembre 2013 à 18h30 :
Vincent GUICHARD : « L’oppidum de Bibracte et les prémices de l’histoire urbaine de l’Europe non-méditerranéenne »

Les régions moyennes de l’Europe connaissent plusieurs moments d’agglomération de l’habitat au cours de l’âge du Fer, d’abord aux VIe-Ve s. av. J.-C. puis, sur une plus grande échelle, aux IIe-Ier s. av. J.-C. Les archéologues spécialistes de la période s’efforcent de mesurer l’ampleur de l’évolution sociale en relation avec ces phénomènes de « proto-urbanisation » et tout autant d’évaluer s’ils ont eu un impact durable sur l’histoire urbaine des régions concernées. L’analyse du phénomène des oppida est rendue d’autant plus délicate qu’il a lieu au moment où les régions de l’Europe moyenne subissent aussi l’impact de la romanisation. L’oppidum de Bibracte (Bourgogne), l’un des plus vastes du territoire français et aussi le plus intensivement exploré depuis le XIXe siècle, résume à lui seul les enjeux de cette recherche. C’est donc à travers ce dossier archéologique que l’on abordera l’exposé.

mercredi 6 novembre 2013

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Mercredi 11 décembre 2013 à 18h30 :
Manuel ROYO, Professeur à l’Université de Tours, ancien membre de l’École française de Rome – CeTHIS, E.A. 6298 : « De la Domus Augusti à la Domus Augustana, l’émergence du Palatin comme nouveau centre du pouvoir »

Au Haut-Empire, Rome est la ville de l’Empereur et la colline du Palatin (Palatium), sa résidence officielle. Située entre Capitole et Aventin, la colline domine d’un côté le Forum et de l’autre le Circus Maximus et le Forum Boarium. Cette situation centrale ainsi que les légendes qui font du Palatium le berceau de la ville de Rome expliquent le choix primitif d’Auguste d’en faire sa résidence en même temps que le siège du pouvoir impérial. Toutefois, il faut attendre l’édification des Domus Flavia et Augustana pour que les divers bâtiments liés à la résidence ou à l’exercice de l’autorité impériale forment un ensemble relativement unitaire. Cela étant, la transformation concrète d’une des collines de Rome en une propriété impériale est relativement lente et se fait par étapes : elle s’étend sur près de trois siècles, d’Auguste aux Sévères. Ce n’est qu’à la fin du IVe s. que se produisent les premiers abandons, mais le modèle impérial est si prégnant que, jusqu’au VIIIe siècle, la colline est toujours occupée par les représentants de l’autorité byzantine. On s’attachera ici à comprendre les étapes qui d’Auguste à Domitien en passant par Claude et Néron font de la colline un nouveau centre politique.

mercredi 11 decembre 2013

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Mercredi 15 janvier 2014 à 18h30 :
Nicolas MONTEIX, Maître de conférences en histoire et archéologie romaine, Université de Rouen – GRHis : « Pompéi, une ville romaine ? »

Depuis sa redécouverte en 1748, Pompéi est considérée comme l’exemple type de la ville romaine. Grâce à la soudaineté de l’éruption qui l’a ensevelie, on pourrait y étudier la vie quotidienne supposément arrêtée comme sur une photographie. Pourtant, ces trop rapides
perceptions ne rendent justice ni au substrat antérieur à la mise en place de la Colonia Veneria Pompeianorum en 80 av. J.-C., ni au contexte particulièrement troublé des dernières années de la ville. Le paysage urbain de Pompéi que nous connaissons est en fait fortement marqué par la période samnite, n’a été « romanisé » que tardivement et souffrait, en 79 ap. J.-C., de possibles dysfonctionnements liés à la continuelle activité sismique ayant frappé la région depuis le début des années 60. Les nouvelles recherches menées dans la ville depuis une quinzaine d’années ont permis d’en changer notre perception.

Mercredis Antiquite 15 janvier 2014—————————————————————————————————————————————————————-

Mercredi 19 février 2014 à 18h30 :
Olivier ZEDER, Conservateur en chef chargé des peintures et des sculptures anciennes au Musée Fabre : « De l’archéologie à la ville idéale : représentation des cités antiques dans les collections du Musée Fabre »

Les modèles antiques ont constitué depuis la Renaissance une source d’inspiration sans limite pour les artistes. De la redécouverte de l’Antiquité à Rome et en Italie à partir du XVIe siècle jusqu’à l’éclosion d’une archéologie scientifique au XIXe siècle, les vestiges exhumés du passé vont constituer un matériau de prédilection pour les peintres. Ce parcours à travers une sélection d’œuvres du Musée Fabre permettra d’envisager le passage d’une vision idéalisée et imaginaire des villes antiques vers une perception plus réaliste nourrie par la recherche.

mercredi 19 fevrier 2014

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Mercredi 19 mars 2014 à 18h30 :
Daniéla LEFEVRE-NOVARO, Maître de conférences en archéologie grecque, Université de Strasbourg – UMR 7044 Archimède : « La ville de Phaistos (Crète) : du site minoen à la cité dorienne »

La colline qui abrite la ville et le palais minoen de Phaistos, en Crète méridionale, fut habitée de l’époque néolithique à la fin de la période hellénistique. Localisée au centre d’une plaine fertile, la Messara, à quelques kilomètres de la mer de Libye, la ville se développa au fil des siècles en gardant mémoire des vestiges du passé qui furent souvent réutilisés lors des fréquents réaménagements urbains. Les dimensions importantes du site, l’excellent état de conservation des bâtiments ainsi que la continuité de fréquentation de l’âge du Bronze à l’âge du Fer font de Phaistos l’une des villes les plus intéressantes de la Crète.

mercredi 19 mars 2014

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Mercredi 16 avril 2014 à 18h30 :
Fanette LAUBENHEIMER, Directeur de recherche émérite au CNRS : « Vin, huile, condiments ou fruits. Que racontent les amphores dans les villes de Gaule ? »

Depuis quelques décennies, l’étude des amphores a progressé de façon magistrale. Denrées diverses, producteurs, négociants, circuits de distribution, consommation, permettent de dresser à partir de ces simples emballages, une image des marchés et des habitudes alimentaires dans les grandes villes de Gaule. Pour la période comprise entre le Ier s. avant notre ère et le IIIe siècles de notre ère nous proposerons quelques exemples particulièrement bien connus dans diverses régions du territoire. Nous parlerons de l’économie de la Gaule, fondée en grande partie sur ses productions agricoles et sa capacité à échanger, des ports sur la Méditerranée et sur l’Atlantique, des grands marchés à l’intérieur du pays dans les principales cités, des importations de produits du monde méditerranéen tout entier et des exportations gauloises.

mercredi 16 avril 2014

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Mercredi 23 avril 2014 à 20h30 à l’Espace Rabelais :
Michel GRAS, Ancien directeur de l’École française de Rome, membre étranger de l’Académie nationale des Lincei (Rome) : « Naissance de l’urbanisme occidental dans la Sicile grecque »

Les recherches archéologiques de l’École française de Rome sur le site côtier de Mégara Hyblaea en Sicile, à 20 km au Nord de Syracuse, ont depuis 1949 permis de connaître – dans des conditions de conservation exceptionnelles – le plan d’une cité grecque, d’une superficie de 60 hectares à l’intérieur de sa fortification, qui n’a vécu qu’un peu plus de deux siècles (fin du VIIIe- début du Ve siècle av. J.-C). Ce plan montre que l’urbanisme est apparu en Occident dès la fin du VIIIe siècle (donc vers 700 avant notre ère), bien avant Hippodamos de Milet (Ve siècle) qui passait pour l’inventeur de l’urbanisme sur la base d’un texte ambigu d’Aristote. En vérité l’urbanisme, connu dans le Proche et le Moyen-Orient depuis longtemps, a été mis en œuvre à grande échelle, par les Grecs, dans le contexte du phénomène dit de la colonisation grecque, c’est-à-dire au moment de la fondation de villes nouvelles par des émigrés grecs cherchant des terres. Il est donc possible, à partir des témoignages archéologiques, de comprendre comment une cité grecque – une polis – était organisée avec des lots réguliers contenant des pièces d’habitation avec cour et puits, des rues, des espaces publics (dont l’agora), des sanctuaires. Ces découvertes ouvrent des perspectives sur l’organisation de l’espace urbain dans le monde occidental.

mercredi 23 avril 2014

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Mercredi 14 mai 2014 à 18h30 :
Agnès ROUVERET, Professeur à l’Université Paris Ouest Nanterre UMR 7041 Archéologies et Sciences de l’Antiquité : « Poseidonia-Paestum, cité-frontière des Grecs d’Occident »

Les recherches menées depuis près de trente ans à Poseidonia-Paestum permettent d’aborder sous des angles multiples l’histoire d’une cité grecque qui fut fondée vers 600 av. J.-C. par des colons grecs venus de Sybaris, passa à la fin du Ve siècle av. J.-C. sous
l’hégémonie de groupes de langue osque, les Lucaniens, avant de devenir une colonie de droit latin en 273 av. J.-C. Les travaux menés sur la ville, les nécropoles, le territoire et ses frontières relèvent de l’histoire urbaine et d’une histoire culturelle située à la croisée entre l’archéologie et l’anthropologie. La nouvelle communauté qui se développe au IVe siècle av. J.-C. représente -t- elle, comme le déplore le philosophe Aristoxène de Tarente, une « barbarisation » de la cité grecque ? Quelle est la part de rupture apportée par la déduction de la colonie latine ? Une analyse conjointe de la trame urbaine, des tombes, de leurs décors peints et des lieux du sacré permettra de souligner les nouveaux questionnements qui surgissent des résultats acquis.

mercredi 14 mai 2014

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Mercredi 18 juin 2014 à 18h30 :
Armelle GARDEISEN, Archéozoologue, CNRS, UMR 5140, UM3, Labex Archimède : « Des animaux dans la ville »

Comment imaginer le monde animal dans une cité portuaire de Gaule méridionale, entre le Ve siècle avant notre ère, et le IIe siècle après notre ère? … Les animaux sont présents dans l’économie, dans le commerce, dans le quotidien des hommes : ils sont divinisés, ils sont sacrifiés, ils sont vendus, achetés et consommés… Mais où sont-ils ? où naissent-ils ? où grandissent-ils ? Comment l’archéozoologue peut-il retrouver la trace des animaux vivants lorsque tous les témoignages archéologiques dont il dispose sont faits d’ossements abandonnés … de dents oubliées … et de squelettes éparpillés ?

mercredi 18 juin 2014

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