6 février : « La femme grecque est son utérus »

 

par Pierre Brulé (Professeur émérite d’histoire grecque)

Mercredi 6 février à 18h30, à l’Auditorium du Musée Fabre (entrée libre)

femme grecque 6 février 2013

Il faut d’abord lire attentivement Platon dans son Timée : « Lorsque, chez les femmes, ce qu’on appelle… l’« utérus », et qui est un animal (zôion) possédé du désir d’engendrer des enfants, est demeuré stérile longtemps après avoir dépassé l’âge propice, alors cet organe s’impatiente, supporte mal cet état et il se met à errer par tout le corps, obstrue les orifices… et empêche la respiration, jetant le corps dans les pires extrémités, provoque d’autres maladies de toutes sortes » (91 c). Philosophe qui divague, biologie fantastique ? En tout cas, conception commune, générale en son temps du corps féminin qui abrite un animal qui se meut à volonté, qui le met en danger aussi longtemps que les deux sexes n’ont pas « semé dans la matrice » de ces « vivants invisibles » (toujours Platon), seul remède aux tourments du corps féminin improductif. Et de conclure que tout est là, que tout s’explique ainsi, que c’est ainsi que « sont nés les femmes et tout le sexe féminin ».
C’est en 1885 que Freud vient voir Charcot à Salpêtrière qui continue à expliquer l’hystérie par l’utérus, en 1893 que Freud s’en séparera par le recours au psychisme, à la libido et tout et tout. Cela faisait donc 2300 ans que la lecture hippocratique du corps féminin (qui est celle de Platon) avait cours. C’est à celle-ci, menée depuis son centre de gravité utérin, que nous consacrerons cette conférence.

Programme des Mercredis de l’Antiquité 2012-2013 

Mercredis Antiquite 2012-2013

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