Jésus 1968 (30 novembre 2012)

 

Jésus 1968

Journée d’études d’histoire religieuse

organisée par Michel FOURCADE et Pierre-Yves KIRSCHLEGER

Université Paul-Valéry Montpellier III
Site de Saint-Charles, Rue du Professeur Henri Serre
de 9h à 17h

Gourou hippie, Extraterrestre, Juif révolutionnaire cousinant avec Cohn-Bendit, Superstar, Mythe, point de convergence de l’univers teilhardien ou Messie « cosmopolito-rédempteur » : la figure de Jésus semble sérieusement chahutée autour de 1968. Elle reste en tout cas au cœur des « évènements ». « Qui est Jésus-Christ ? », s’interrogeait d’ailleurs la XXe « Semaine des Intellectuels catholiques », réunie du 6 au 13 mars 1968 ; et des avis protestants, orthodoxes, athées ou juifs étaient aussi sollicités pour l’occasion. La question passe ensuite dans les Informations catholiques internationales  d’avril, dans La Table ronde de novembre…
Les découvertes de Qumran (1948) favorisent une reprise de la « quête du Jésus historique » et  Ieschoua de Nazareth est redécouvert dans sa  judaïté… non sans quelques acculturations à l’air du temps. Mais c’est aussi le moment où se vulgarisent en France les théories exégétiques de Rudolf Bultmann (Jésus. Mythologie et démythologisation,  Seuil, 1968). Le trait d’union Jésus / Christ se recharge en problématique.  Que devient la Christologie à l’heure de la « démythologisation » ?
Le  cinéma introduit également de nouvelles approches, de L’Evangile selon saint Matthieu  (Pasolini, 1964) au Messie  de Rosselini (1975) en passant par La plus grande histoire jamais contée  (George Stevens, 1965). Mais Jésus est aussi matière à Opéra-rock : Jésus-Christ superstar  (Norman Jewison, 1973) ? Ou Idole de notre temps  (Match, 1er avril 1972) ?
Sous le signe d’une « Jesus Revolution » (Time, 21 juin 1971), « Jésus revient aux Etats-Unis » (La Vie catholique, 18 août 1971), où surgissent de nouveaux courants spirituels qui se diffusent rapidement. Tournée vers la décennie 1965-1975, cette première journée d’étude s’attachera à recontextualiser ce « moment 1968 » de Jésus, dans ses contenus et héritages culturel, exégétique, théologique et spirituel.

 PROGRAMME :

– 14h30 : Michel  FOURCADE,  « Jésus en révolutions. Introduction »

– 14h45 : Bernard  GIROUX,  « Le Jésus de la JEC. À quoi Jésus peut-il encore servir ? »

– 15h15 : Florian  MICHEL, « Jesus is my kind of guy. 1968, un moment christique de la contre-culture nord-américaine ? »

– 15h45 : Frank LA BARBE,  « Jesus revolution made in France : utopie hippie et évangélisme »

– 16h45 : Antoine  MOURGES,  « Jésus, l’Innocent »

– 17h15 : Michel FOURCADE, « Judaïtés  de Jésus »

– 17h45 : Jeanne  COURBASSIER, « Le Jésus de René Girard »

– 18h15 : Dominique  AVON,  « Un Jésus du dialogue islamo-catholique : l’homme et la Cité inique »

– 18h45 : Pierre-Yves  KIRSCHLEGER,  « Conclusions »

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