La Crète : identités, minorités et représentations (16-18 octobre 2013)

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« Puisque le plus grand nombre de ceux qui ont décrit les faits crétois [les Krètika] sont en désaccord les uns avec les autres, il ne faut pas s’étonner si ce que nous disons n’est pas reconnu par tous. »
(Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, V, 80, 4)

affiche Crete

Colloque international et pluridisciplinaire

Afti  inè i Kriti!

Identités, altérités et figures crétoises

organisé par Patrick Louvier, Philippe Monbrun et Antoine Pierrot (CRISES E.A. 4424)

Université Paul-Valéry Montpellier III

 16, 17 et 18 octobre 2013

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La Crète tient dans l’imaginaire européen une place singulière, remarquable par la vigueur des images et des mots qui lui sont associés et par leur apparente unité. En grande partie, cette perspective a été façonnée au XIXe siècle par la médiatisation des luttes menées pour la cause autonomiste et énosiste en 1866, en 1878 puis en 1896. Sous la plume d’un Victor Hugo, d’un Jules Verne et d’un Victor Bérard, la Crète est par excellence le bastion de l’hellénisme orthodoxe face à l’islam ottoman, une île toute résistante, riche en martyrs de la Liberté, montagnarde et terrienne, laborieuse et combattante. Réanimant les figures mythiques des pallikares de l’ère hamidienne et des partisans vénizélistes, les combats de 1941 puis la résistance à l’occupation allemande portèrent à leur apogée ces représentations collectives, savantes ou non, d’une île insurgée. Si le développement touristique et l’intégration européenne ont quelque peu atténué cette image, elle n’en demeure pas moins vivace dans les romans et les auto-représentations d’une île rebelle, « hellénissime » et singulière. Une vision monolithique à laquelle ont fait parallèlement écho d’autres représentations savantes et monochromes, parfois très anciennes, du passé crétois : l’âge d’or minoen, pacifique, ouvert au grand large et harmonieusement ordonné ; la sagesse conservatrice des lois crétoises ; l’exaltation du patriotisme montagnard sfakiote ; l’âge de fer du despotisme vénitien et des « mangeries ottomanes ». À cette exaltation de l’île insurgée est étroitement associée l’impression d’immobilisme, de retard et de marginalisation. Immobilisme politique sur lequel s’interroge Aristote. Conservatisme technique dont l’archerie sfakiote, en plein XVIIIe siècle, semble l’incarnation. Marginalisation géopolitique enfin, l’île apparaissant comme une périphérie sous-développée des empires lagide, romain, byzantin, vénitien et ottoman, au mieux comme une de leurs marches. Ces représentations, on le sait désormais, ne furent pas imperméables aux utopies politiques et sociales de leur temps et tendent à masquer la diversité culturelle et confessionnelle de la Crète, une diversité que l’on attribue plus communément à Chypre, l’autre grande île de Méditerranée orientale.

L’objet de ce colloque est de reconsidérer la genèse savante de ces représentations et des figures iconiques de la Crète (le taureau, la double hache, le dictame, l’arc, etc.). Il a également pour ambition de revoir ces composantes et fractions longtemps oubliées de la société crétoise et dont la mémoire est désormais honorée ou rappelée dans les musées insulaires : les musulmans crétois, si longtemps tenus pour des « renégats » opportunistes et qui furent les grandes victimes de l’unification, mais également les Arméniens, les Juifs et les Tsiganes. Loin de n’être qu’un conservatoire de l’hellénisme, la Crète a aussi été le théâtre d’échanges et de circulations intenses entre l’Europe, l’Orient et l’Afrique. Simple province des empires en temps de paix ou d’hégémonie incontestée, l’île reprend toute son importance stratégique ou politique quand les centres de gravité impériaux sont affaiblis, ainsi au IXe siècle, comme au milieu du XVIIe siècle, à la fin du XIXe siècle puis en 1941. Ce sont à certains de ces moments de compétition que  ce colloque s’attachera.

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P R O G R A M M E

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PROGRAMME (à télécharger)

Mercredi 16 octobre :

(salle 127)

13h30 : accueil des participants

Identités crétoises

(Modérateur Patrick Louvier)

14h : Jean-Loïc LE QUELLEC (CNRS) : « Evans et les fresques minoennes : la fabrication d’un Eden »

14h40 : Éric BARATAY (Université Lyon 3) : « Taureaux minoens et corrida : une instrumentalisation contemporaine »

15h20 : Antoine PIERROT (Université Paul-Valéry) : « Le taureau sauvage en Crète »

Discussion et pause

(Modérateur Antoine Pierrot)

16h10 : Monique BILE (Université de Lorraine) : « Aspects linguistiques de la Crète
antique »

Discussion

16h50 : Rosa BENOIT-MEGGENIS (Université Paul-Valéry) : « La Crète dans l’Empire byzantin : l’identité crétoise à travers les légendes monastiques »

17h25 : Patricia PROST (Université de Rouen) : « Événements traumatiques, émotions et
identités : le tremblement de terre de 1508 »

18h : Michel BALIVET (Université Aix-Marseille I) : « Amici Teucri : des Crétois
« turcophiles » au Quattrocento ? »

Discussion

Dîner à 20h15 (Brasserie du Théâtre, 22 Boulevard Victor Hugo)

Jeudi 17 octobre :

(salle 004)

12h30/45 : déjeuner (site Saint-Charles)

13h45 : accueil des participants

Regards insulaires, regards étrangers

(Modérateur Philippe Monbrun)

14h15 : Aris TSANTIROPOULOS (Université de Crète) : « La vendetta en Crète »

14h50 : Philippe MONBRUN (Université Paul-Valéry) : « Le chasseur à l’arc, la chèvre
sauvage et le dictame. Un discours identitaire crétois ? »

15h25 : Can YAPICIOGLU (Université d’Aix-Marseille) : « Une lecture théologique orthodoxe de l' »icône des Merveilles » de Moni Toplou »

Discussion

16h05 : Fanny PASCUAL (Université de Nouméa) : « La campagne de Crète (1941) au miroir des musées militaires et navals crétois, néo-zélandais et australiens »

16h40 : Enis TULCA (Université de Galatasaray / Istanbul) : « La mémoire de l’ »exil turco-crétois » dans la Turquie contemporaine : Les hommes de mon grand-pères »

17h15 : Frédéric ROUSSEAU (Université Paul-Valéry) : « Un regard muséohistorien sur le Musée de la Seconde Guerre Mondiale d’Askifou (Pays sfakiote) »

Discussion

Dîner à 20h (Restaurant Les Vignes, 2 rue Bonnier d’Alco)

Vendredi 18 octobre :

(salle 127 et salle 004)

 9h : accueil des participants

La Crète et les savants

(Modérateur Pierre Sauzeau)

9h15 : Hervé DUCHÊNE (Université de Bourgogne) : « La Crète des Reinach »

Discussion

La Crète et les Puissances

10h : Perrine KOSSMANN (Université de Bourgogne) : « Les relations entre les Lagides et les cités crétoises. Essai de caractérisation »

10h35 : Christophe GIROS (Université Lyon 2) : « La Crète dans la stratégie byzantine
(Xe-XIIe siècle) »

Discussion et pause

11h25 : Patrick LOUVIER (Université Paul-Valéry) : « Les Puissances et la fin de l’islam crétois (1895-1923) »

Discussion

12h20 : déjeuner (site de Saint-Charles)

13h45 : accueil des participants

(Modérateur Patrick Louvier)

14h : Gilles PECOUT (ENS) : « La Crète au cœur de la politique méditerranéenne italienne au XIXe siècle »

14h35 : Hubert HEYRIÈS (Université Paul-Valéry) : « Les Garibaldiens en Crète (1866-
1869) »

15h10 : Jean-Marie DELAROCHE (UMR IRICE) : « Les forces de gendarmerie dans la
crise crétoise de 1897 »

Discussion

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