Le cercle de Vienne – entre positivisme et réalisme

 

Cercle de Vienne 2

Cédric Chandelier : Critique du conventionnalisme et réalisme

Résumé :
Le premier critique du conventionnalisme est Poincaré qui, précisément, a introduit en 1891, pour caractériser les hypothèses indémontrables de la géométrie, la notion épistémologique de convention, appliquée ensuite aux principes de la physique. C’est à cette critique, et non à la doctrine conventionnaliste, que se rattache Einstein en remettant en cause la commodité de l’éther classique et la simplicité de la géométrie euclidienne. Critique du conventionnalisme et réalisme apparaissent étroitement liés. C’est d’abord le primat du critère de l’accord intersubjectif dans le choix du physicien qui est ébranlé. La tension poincaréenne entre conventionnalisme et réalisme se trouve renouvelée, suite à la révolution einsteinienne, par le mouvement paradoxal qui conduit au Manifeste du cercle de Vienne. En amont du rejet néopositiviste de la métaphysique hors du domaine de la science, l’usage des concepts du conventionnalisme français par Philipp Frank, Moritz Schlick ou Hans Reichenbach permet de mesurer les enjeux ontologiques de la réévaluation du lien entre arbitraire et relatif.

Christoph Limbeck-Lilienau : La critique du réalisme chez Carnap 

Résumé :
Carnap a défendu dès les années 1920 un empirisme qu’il considérait, contrairement à Schlick, comme incompatible avec un réalisme des théories scientifiques. Les énoncés des sciences, mais également ceux du sens commun, ne parlent que de données empiriques. La question de la réalité des phénomènes empiriques ne pouvait pas se poser, à proprement parler, dans le cadre de l’empirisme de Carnap. Le choix entre réalisme et idéalisme était pour Carnap un pseudo-problème métaphysique (Carnap, Pseudo-problèmes dans la Philosophie, 1928). Ce rejet du réalisme se rattachait à la conception vérificationniste de la signification, une conception défendue par le cercle de Vienne et adoptée par Carnap. À la fin des années 1920, le vérificationnisme était lié chez Carnap à une conception phénoménaliste des données empiriques. Les énoncés empiriques n’ont de signification que s’ils se référent aux données des sens, c’est-à-dire à des expériences subjectives. Carnap abandonne cette conception phénoménaliste au début des années 1930 et opte pour une conception plus réaliste des données empiriques. Nos énoncés empiriques parlent non pas de données subjectives, mais des choses et de leurs propriétés. Il s’agira ici d’analyser les raisons de cet abandon du phénoménalisme pour une conception plus réaliste de l’empirisme.

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