Aurélie KNÜFER : Une contre-histoire du libéralisme ?

 

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Aurélie KNÜFER : Une contre-histoire du libéralisme ?

Dans un ouvrage récent, Domenico Losurdo s’est attaché à écrire une «contre-histoire du libéralisme» : à l’opposé d’une histoire apologétique de cette tradition de pensée, qui ne retiendrait de son émergence, aux XVIIIe et au XIXe siècles, que sa défense de la liberté individuelle, le philosophe italien s’est efforcé de rendre compte d’un paradoxe : l’existence d’un «mélange», au sein du libéralisme naissant, entre «liberté» et «oppression», ou encore entre revendication d’émancipation et justification de l’esclavage ou de l’oppression de certaines « races » et classes sociales. Partant de l’examen de cet ouvrage et de la méthode qui y est mise en œuvre, nous interrogerons plus généralement les problèmes posés par le projet d’une telle «contre-histoire». La mise au jour des compromissions des premiers penseurs libéraux avec l’esclavagisme et le racisme, le dévoilement du «mélange de liberté et d’oppression» qui se manifesterait dans les premières «révolutions libérales», nous conduisent-ils nécessairement à conclure à l’existence au sein du «libéralisme» en général, de «clauses d’exclusion», visant à refuser à certains groupes sociaux une «liberté» fièrement revendiquée par d’autres ? En nous attachant notamment à la pensée de John Stuart Mill, nous mettrons enfin à l’épreuve les thèses de Losurdo en nous interrogeant sur la nature et les limites du projet d’émancipation du philosophe anglais.

Maître de conférences en philosophie à l’Université Paul-Valéry, Aurélie Knüfer a consacré une thèse à l’émergence de la question du droit d’intervention dans la philosophie libérale du XIXe siècle, qui sera bientôt publiée aux Classiques Garnier (Intervention et libération d’Edmund Burke à John Stuart Mill).

 

 

contact : luc.vincenti@univ-montp3.fr

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