Colloque franco-libanais de philosophie des sciences

 

colloque franco-libanais philosophie 2015Programme à télécharger (format PDF) ⇒

COLLOQUE FRANCO-LIBANAIS
DE PHILOSOPHIE DES SCIENCES
Vendredi 27 Mars 2015 après-midi – Université de Montpellier, Institut de Botanique
(163 Rue Auguste Broussonnet)

institut botanique montpellier

Bachelard avant Bachelard : La valeur inductive de la relativité

Daniel PARROCHIA, Professeur émérite de Philosophie, Université Jean Moulin Lyon 3

En 1929, Gaston Bachelard publie « La valeur inductive de la relativité ». À partir d’une analyse épistémologique précise du calcul tensoriel, cœur de la théorie de la relativité générale, ce livre montre comment la mathématique, par les généralisations formelles qu’elle opère grâce à des outils puissants comme les tenseurs, est à la source de théories physiques entièrement mathématisées et de plus en plus englobantes, dans lesquelles l’expérience tient de moins en moins de place. En totale contradiction avec l’évolution ultérieure de Bachelard (reconnaissance de l’irréductibilité de l’expérience et des aspects parfois irrationnels du développement de l’esprit scientifique, réhabilitation de l’instrumentation, insistance sur la phénoménotechnique, les “applications”, etc), ce livre d’ailleurs plus ou moins renié par son auteur (il refusera, de son vivant, qu’il soit republié), n’en annonce pas moins, paradoxalement, la physique du XXe et même du XXIe siècle, et cela, probablement beaucoup plus sûrement que tout le reste de son œuvre.

Auguste Comte ou la passion de la systématisation

Annie PETIT, Professeure émérite de Philosophie, Université Paul-Valéry Montpellier

Auguste Comte, préoccupé de philosophie des sciences dès sa jeunesse est aussi celui qui a proclamé la connaissance de leur histoire « de la plus haute importance ». Les six volumes du Cours de philosophie positive sont consacrés à un parcours encyclopédique, enchaînant les méditations sur les sciences jugées fondamentales, pour évaluer leur degré de positivité. Mais sitôt achevé ce parcours systématique, Comte le reprend dans la perspective d’un second ensemble, celui qui donne le Système de politique positive, qui lui-même ouvre sur le programme d’un troisième ensemble, où est envisagée la reprise de la philosophie de chacune des sciences du point de vue de ce que l’auteur appelle la Synthèse subjective.

Or si l’œuvre de Comte le désigne à l’évidence comme philosophe des sciences, elle ne manque pas de soulever quelques, voire de nombreuses perplexités. Car le passage du Cours, que Comte appelle bientôt fièrement Système de philosophie positive, au second Système, sous-titré « Traité de sociologie instituant la religion de l’Humanité » a clairement pour objectif d’intégrer la réflexion sur les sciences à l’élaboration d’une nouvelle religion. Et la Synthèse subjective, restée inachevée mais dont le seul tome publié donne le plan et la reprise de la philosophie mathématique, livre des approches et notions pour le moins surprenantes, inscrites par Comte dans le déploiement d’un « néo-fétichisme ».

Un tel itinéraire a beaucoup déconcerté, y compris parmi les adeptes les plus fervents de la philosophie positive, dont certains très influents ont travaillé avec succès pour faire oublier les derniers développements du positivisme. Il s’agira ici de montrer la cohérence, fut-elle excessive, de ces développements et de souligner que, jusque dans ses expressions les plus déroutantes, le discours comtien sur les sciences et les scientifiques ouvre à des réflexions sur leurs méthodes, leurs pratiques, leurs finalités qui ont du sens pour le philosophe des sciences d’aujourd’hui.

plan institut botaniquePlan de situation ⇒

Les commentaires sont fermés.