Claude CALAME : « De la mémoire culturelle à la mémoire poétique : les pratiques grecques entre mythe, histoire et rituel »

Auditorium du Musée Fabre de Montpellier

Mercredi 3 juin (18h30) :

Les mythes grecs. Conférence de l’Association Guillaume Budé.

Claude CALAME :

« De la mémoire culturelle à la mémoire poétique :

les pratiques grecques entre mythe, histoire et rituel »

 

Les mythes grecs sont souvent réduits à des résumés de mythographie tels qu’ils figurent dans les dictionnaires de mythologie grecque. Or si les versions en sont de fait si différentes, c’est que chacun de ces récits héroïques n’existe que dans une forme poétique ou une forme de discours qui l’adressait à un public particulier. La mythologie grecque est donc avant tout une poétique du passé héroïque des cités ; elle confère aux récits sur les héros et les dieux une fonction de mémoire active dans des circonstances politiques et religieuses particulières: mémoire collective, mémoire culturelle entre tradition orale et pratiques de l’écriture, dans des performances en général ritualisées (récitations rhapsodiques, représentations tragiques, poèmes méliques, etc.). Le propos sera illustré par le mythe du sacrifice des filles d’Erechthée, l’un des rois fondateurs d’Athènes.

Claude Calame les mythes grecs

Claude Calame, Qu’est-ce que la mythologie grecque? Paris, Gallimard, 2015, 736 p.

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Présentation de l’éditeur :
Déméter, Bellérophon, Oreste, Io, Thésée, Héraclès, Prométhée, Tirésias, Hippolyte, la belle Hélène de Troie…
Tous, nous croyons connaître la mythologie grecque car nous en gardons le souvenir de personnages dont les traits et gestes seraient fixés pour l’éternité. Or, montre Claude Calame, rien n’est plus instable et variable que le mythe, sans cesse récrit selon des époques précises, des auteurs singuliers, des fins spécifiques – morales, culturelles ou politiques.
Au commencement, il y a toujours un récit intriqué dans sa forme d’énonciation qui lui donne tout son sens. On ne saurait donc dissocier dans le mythe le récit de la source qui le narre : la constitution indigène d’une mythologie (Homère, Hésiode, Orphée) ; les usages qu’en font la poésie chantée (Pindare), la pédagogie (sophistes, rhéteurs), la dramatisation théâtrale (poètes tragiques), voire l’historiographie (Hérodote, Thucydide) et l’iconographie. Claude Calame nous invite, à partir des formes choisies par les poètes, les artistes ou les philosophes, à comprendre ce qu’est l’art du mythe, ses contraintes et ses règles.

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