Le(s) mirroir(s) : image(s) et métaphore(s)

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Vendredi 24 Octobre 2014

Salle des Colloques n°01, site Saint-Charles, Université Paul-Valéry de Montpellier.

Rue du Professeur Henri Serre, 34090 – Montpellier. Arrêt de tramway Albert 1er.

affiche miroir en tant qu'objet

Argumentaire :

« Miroir : objet(s) et métaphore(s) » se veut une journée d’études destinée aux doctorants ou jeunes chercheurs de C.R.I.S.E.S qui, malgré la multiplicité des formations, des sujets, des thèmes et des axes de recherches, partagent le même désir de présenter, à un public plus ou moins large, une réflexion structurée et raisonnée dans le domaine des Sciences Humaines et Sociales.
Ainsi, cette journée d’études se présente comme un lieu et un moment d’échanges interdisciplinaires autour d’un sujet commun, le « miroir », à travers lequel les différences, mais aussi les ressemblances d’approches, à la fois d’un point de vue méthodologique, significatif, symbolique, pourront être confrontées. Cette journée d’études invite donc les jeunes chercheurs à partager et à échanger sur le thème du miroir, tant dans son sens propre que figuré. Avant tout surface réfléchissant la lumière, les personnes et les choses, il peut être à la fois abordé comme objet – usuel, décoratif ou même symbolique, – mais aussi en tant que terme métaphorique désignant, par exemple, un ensemble d’éléments et de données permettant la perception et la compréhension d’un monde, d’une société ou, plus spécifiquement, d’un individu et d’une personnalité.
De l’excavation de « tessons en céramique / surfaces polies réfléchissantes » jusqu’au miroir de poche actuel, en passant par sa forme convexe de la Renaissance et sa production luxueuse de l’époque moderne, cet objet, à priori quotidien, a su revêtir au fil des siècles autant de formes qu’il possède d’usages. Reflétant une image un peu déformée de la réalité semblable à celle renvoyée par une petite étendue d’eau, parfois trompeuse, le miroir confronte l’homme à ses propres peurs, ses propres fantasmes et lui permet même de se prêter à une interprétation personnelle de son existence à un moment donné. Autant d’interprétations que de mythes construits autour de cette psyché, où monde des apparences, rime avec monde sensible.
Le miroir semble apparaître pour la première fois chez les Étrusques, sous la forme d’un objet circulaire muni d’un manche à son extrémité, en hommage au soleil. Ce réflecteur inspire les verriers de Sidon qui selon Pline l’Ancien sont les initiateurs du miroir en verre, dont la maîtrise et le commerce grandissant permettent, notamment, la renommée de Venise à l’époque moderne. Au même moment, les peintres commencent à l’intégrer dans leurs compositions, comme dans le portrait Les Époux Arnolfini de Van Eyck (1434), et cette tendance se poursuit à l’époque contemporaine avec Raoul Hausmann dans Regard dans le miroir (1930).
Si  ce morceau de verre inspire l’art, il ne laisse pas la littérature ou le théâtre indifférents et grâce à sa multiplicité de sens il permet de saisir l’homme dans sa grandeur d’âme et dans sa complexité. La littérature médiévale, dont le Roman de la Rose, de Jean de Meun, met en avant le pouvoir d’illusion exercé par le miroir. Elle lui accorde également une place importante en tant qu’objet symbolique du rituel amoureux. Et à la fin du XIXe siècle, c’est bien de L’autre côté du miroir, que Lewis Carroll poursuit les aventures d’Alice, dans un monde où tout est renversé et bousculé.
Dans cette quête de réponses existentielles, il en est un qui reste un symbole intemporel et universel : Narcisse. Ce mythe ovidien nous met en garde sur ce que nous voyons, il nous indique que tout reflet doit être analysé non seulement par notre œil mais aussi par notre esprit, afin d’éviter de nous perdre dans une contemplation vaine et fausse, nous menant à la folie, voire à la mort.
Lorsque l’esprit est capable de faire cette synthèse, l’homme peut aussi voir dans l’autre le reflet de son âme, ce qui lui permet d’obtenir une meilleure connaissance de lui. Comme le dit si bien Socrate à Alcibiade : « l’âme aussi, si elle veut se connaître elle-même, doit regarder une âme, et, dans cette âme, la partie où réside la partie propre à l’âme, l’intelligence, ou encore tel autre objet qui lui est semblable. » (Platon, Alcibiade)
Ainsi de l’utilisation courante, le miroir est passé dans le langage commun pour revêtir divers sens et formes et désigner tous les éléments réfléchissants. L’intérêt est ainsi de créer une dynamique de réflexion commune où chaque participation se voudra le reflet d’une pensée personnelle tout autant que le fruit d’une formation collective.

Programme :

9h30 : Accueil des Participants

9h45 : Ouverture de la Journée d’Etude par Frédéric Rousseau (Université Paul-Valéry de Montpellier, Professeur d’Histoire contemporaine et directeur de la Maison des Sciences de l’Homme de Montpellier).

10h – 11h15 : Panel 1

  • Nicole Barre (Université de Bologne, Italie, post-doctorante): Le Miroir à travers les siècles – questionnement autour du visible.
  • Lucille Bréard (Université Paul-Valéry de Montpellier, doctorante en Études psychanalytiques): L’entrave au face à face / Le miroir brisé de l’autisme.
  • Hubert de Rivals-Mazères (Université Paul-Valéry de Montpellier, doctorant en Études psychanalytiques) : Le regard comme objet.

11h30 – 12h : Panel 2

  • Anaïs Carvalho (Université Paul-Valéry de Montpellier, doctorante en Histoire de l’Art Moderne) : Peinture et média optique : le miroir en théorie et en pratique à l’époque moderne
  • Valentine Langlais (Université Paul-Valéry de Montpellier, doctorante en Histoire de l’Art Moderne) : « Le Christ chez Marthe et Marie » de Pieter Aertsen (1552, Vienne Kunsthistorisches Museum) : un reflet de l’image-miroir luthérienne?

14h – 14h50 : Panel 3

  • Vincent Charbonnier (Université Toulouse 2, Le Mirail, doctorant en Philosophie): L’idée de reflet dans l’esthétique de Lukács.
  • Olivier Tinland (Université Paul-Valéry de Montpellier, Maître de Conférences en Philosophie contemporaine) : Le « miroir de la nature » comme métaphore dominante de la philosophie moderne ? Réflexions à partir d’une hypothèse de Richard Rorty.

14h50 – 15h40 : Panel 4

  • Perrine Vigroux (Université Paul-Valéry de Montpellier, doctorante en Histoire de l’Art Moderne) : Réflexion sur la vie et l’œuvre d’Elisabeth-Sophie Chéron à travers deux textes du XVIIIe siècle : lAbrégé de Dezallier d’Argenville et l’éloge funèbre de Fermel’huis.
  • Gaëtan Deso (Université Paul-Valéry de Montpellier, doctorant en Histoire de l’Art Contemporain) : L’art contemporain des îles du Pacifique ou la mise en défaut d’un réflecteur culturel français figé.

15h40 : Clôture de la Journée d’Étude par Valentine Langlais.

 

 Comité scientifique :
Gaëtan DESO
Valentine LANGLAIS
Perrine VIGROUX

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