Les Juifs et la Première Guerre mondiale : l’exemple de la France et de la Roumanie.

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INSTITUT Universitaire Euro-Méditerranéen MAIMONIDE

Conférence de l’historien Carol IANCU

Professeur à l’Université Paul-Valéry Montpellier 3,

Carol Iancu

lundi 10 novembre 2014 à 20h (entrée libre)

Salle Don Profiat de l’Espace Cultuel Hébraïque Médiéval de Montpellier

Spécialiste de l’histoire des Juifs de Roumanie, il est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages sur sa communauté d’origine, sur le monde juif contemporain et sur l’histoire de l’antisémitisme. Directeur de l’Ecole des Hautes Etudes du Judaïsme, il interviendra autour de l’intitulé suivant : 

 

« En 1914, environ 120.000 Juifs (dont environ 35.000 immigrés de l’Europe de l’Est ou de l’Empire ottoman) habitent la métropole et environ 60.000 en Algérie. Dès la déclaration de la guerre, aussi bien les Israélites français de souche que les nouveaux immigrants expriment leur patriotisme, par des déclarations émouvantes et nombreux engagements volontaires. Pendant les quatre années du conflit, environ 36.000 Juifs sont mobilisés ou engagés, parmi lesquels 12.000 Juifs d’Algérie (répartis pour la plupart dans les régiments de Zouaves) et 9.000 volontaires engagés dans la Légion étrangère. Environ 4.900 Juifs sont morts pour la France et leur sacrifice scelle le destin des Juifs à celui du pays. Même Maurice Barrès, père du nationalisme et antidreyfusard notoire, admet désormais que les Juifs font partie des « familles spirituelles de la France».

A la différence des Juifs français, émancipés depuis 1791, l’immense majorité des Juifs de Roumanie dont le nombre s’élevait à environ 240.000 (3%) en 1912, étaient démunis des droits de citoyens. Bien que soumis à des nombreuses discriminations et en butte aux traitements humiliants, environ 23.000 Juifs ont manifesté leur pleine solidarité et ont participé aux combats en tant qu’«étrangers non soumis à une puissance étrangère». Le nombre de Juifs tués s’éleva à environ 1.000, et il convient de souligner le fait que parmi les 300 médecins morts à la guerre, 95 (30%) étaient juifs. Grâce à l’intervention de la France, la Conférence de paix de Paris de 1919, imposa à la Roumanie, tout en consacrant ses nouvelles frontières (le pays doubla sa superficie et sa population), « un traité des minorités» dont l’article 7 reconnaissait enfin les Juifs comme citoyens, principe proclamé ultérieurement par la Constitution roumaine de 1923. »

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Quartier juif médiéval 1, rue de la Barralerie 34000 – Montpellier

  contact : institut.maimonide<at>cegetel.net

Institut Maimonide

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