Parure monumentale et dédicaces versifiées dans l’Afrique du Nord romaine (IIe-VIe s.).

Vendredi 13 juin 2014

Montpellier, Université Paul-Valéry, Site Saint Charles, salle 005

Journée d’étude du Groupe de Recherche sur l’Afrique Antique (G.R.A.A.),
organisée par Christine Hamdoune et Jean Meyers,
avec le soutien de l’Université Paul-Valéry Montpellier III, et de CRISES (E.A.4424).

Parure monumentale Afrique du nord romaine 2014

Argumentaire

Les carmina épigraphiques célébrant des monuments sont moins nombreux que les poèmes funéraires. Cependant les provinces africaines en ont fourni quarante exemples remarquables (en excluant  les fragments) dont le G.R.A.A. dans le cadre de son  programme de recherche au sein de l’équipe CRISES, « Tradition, évolution et mutation des formes littéraires en Afrique romaine », prépare une édition avec traduction et commentaires. Afin de mieux éclairer ces textes, parfois difficiles à traduire, il s’avère indispensable de les confronter aux réalités archéologiques et aux impératifs de la société romaine antique ; pour en dégager toute l’originalité, des comparaisons avec d’autres genres littéraires mais aussi avec d’autres provinces s’imposent.

Programmme 

Matinée : Dédicaces métriques et histoire
(Président de séance : J. Meyers)

 – 9h15 : accueil des participants

– 9h30 : C. Hamdoune, Présentation du corpus

– 10h : F. Bejaoui, Les dédicaces  des églises chrétiennes de Tunisie

– 10h45 : F. Baratte,  Statuaire et sentiments dans l’Afrique romaine : le témoignage des textes et des images

– 11h30 : A. Berenger, Dédicaces métriques en l’honneur des administrateurs dans les provinces de l’empire romain

– 12h15 : Déjeuner

Après-midi : Dédicaces métriques et culture
(Président de séance : F. Baratte)

 – 14h15 : N. Lamare, Réelle ou imaginaire ? La fontaine dans la littérature et l’épigraphie africaines et orientales

– 15h : M. Griffe, Le renouvellement formel de la poésie romaine à l’époque tardive d’après le témoignage de l’épigraphie africaine

 – 16h : G. Devallet, Dédicace ou dédicaces ? Personnes et objets dans notre corpus

– 16h30 : Discussion des problèmes de traduction : autour des corrections proposées par E. Wolff.

– 18h : Conclusion générale

Résumés des communications :

C. Hamdoune (Montpellier III, CRISES) : Présentation du recueil
Une soixantaine de poèmes épigraphiques, évoquant des monuments, ont été trouvés dans les diverses provinces africaines. La présentation générale a pour but de montrer la répartition spatiale et chronologique des textes, mais aussi la diversité des types commémorations de monuments (statues, thermes, fontaines, domaines, maisons, églises). Ces poèmes émanent le plus souvent d’initiatives privées mais les dédicants sont d’origine très diverse.

 F. Bejaoui (Tunis, INP): Les dédicaces  des églises chrétiennes de Tunisie
Il s’agira de présenter un bref inventaire des dalles et mosaïques portant des dédicaces d’églises qui semblent  être  parfois en rapport avec l’évergétisme privé. Quelques exemples proviennent d’églises rurales appartenant vraisemblablement à des domaines.

F. Baratte (Paris-Sorbonne) : Statuaire et sentiments dans l’Afrique romaine : le témoignage des textes et des images
Images ostentatoires des notables,  témoignage, de loyauté à l’égard de l’empereur, support de la vénération pour les dieux, instruments du décor, les statues, qu’accompagne souvent une inscription, peuvent être tout cela. Mais elles nous apparaissent, en règle générale, des objets inertes, stéréotypés, dont l’intérêt est fonction de la possibilité qu’elles offrent d’une analyse esthétique ou iconographique, et qui ne devaient pas en avoir beaucoup plus pour les contemporains.
Les textes cependant – rares il est vrai – nous apprennent aussi ce qu’elles ont pu représenter pour les Africains – bien plus parfois qu’un simple sculpture de bronze ou de marbre. L’analyse de quelques exemples  tentera de préciser ces rapports.

A.  Berenger (Université Montpellier III) : Dédicaces métriques en l’honneur des administrateurs dans les provinces de l’empire romain
Parmi les dédicaces en l’honneur des administrateurs de rang sénatorial ou équestre connues par l’épigraphie, celles qui se présentent sous forme métrique méritent une attention particulière. Quels sont les termes utilisés pour qualifier les gouverneurs ? Quelles sont les qualités qui leur sont reconnues et peut-on dégager à travers elles un portrait de l’administrateur idéal ? Enfin, une comparaison avec les autres formes d’éloge pourra permettre de dégager l’éventuelle spécificité des inscriptions métriques.

 N. Lamare (Paris-Sorbonne, UMR 8167) : Réelle ou imaginaire ? La fontaine dans la littérature et l’épigraphie africaines et orientales
L’eau est très présente dans les textes de l’Antiquité parce qu’elle constitue, à différentes époques, un topos littéraire. Dès l’époque hellénistique, les ekphraseis des cycles épiques nous font connaître les jeux d’eau des palais, puis la littérature de l’époque tardo-républicaine mentionne les bassins des villas et des domus. Jusqu’à l’époque tardive, à propos d’Antioche et de Constantinople notamment, l’eau et les fontaines sont très présentes dans les sources écrites, y compris les inscriptions. Mais de quelles fontaines est-il question ? La fontaine construite et financée par un évergète, celle qui décore la ville et approvisionne en eau ses habitants ? Ou la fontaine imaginaire, celle des récits mythologiques, qui symbolise la prospérité et l’abondance ? Nous verrons dans quelle mesure les témoignages littéraires et épigraphiques nous permettent de restituer l’aspect des fontaines monumentales de l’époque romaine et à quel point les constructeurs se sont inspirés des modèles littéraires pour l’aménagement et le décor de ces monuments.

 M. Griffe (Université Montpellier III) : Le renouvellement formel de la poésie romaine à l’époque tardive d’après le témoignage de l’épigraphie africaine
La sélection opérée dans la transmission de la littérature latine donne l’impression d’une pérennité des formes poétiques classiques. Aussi la production presque toujours anonyme que nous livre l’épigraphie est-elle toujours jugée à l’aune des normes virgiliennes : on relève les fautes de scansion, de rythme, de syntaxe, de vocabulaire… On s’interdit ainsi de voir ce que ce corpus contient de recherches innovantes. Nous nous appuierons pour le montrer sur les deux recueils de poèmes funéraires africains et de dédicaces d’édifices publics auxquels a travaillé le GRAA de 2006 à 2013. L’abondance de ces œuvres souvent de grande qualité prouve que la poésie était bien vivante jusque dans les provinces les plus reculées de l’empire.

G. Devallet (Université Montpellier III) : Dédicace ou dédicaces ? Personnes et objets dans notre corpus
La composition de notre corpus fait bien apparaître qu’une simple et unique définition de ce qu’est une dédicace ne peut suffire à rendre compte de la diversité des poèmes de notre corpus. Peut-être est-il possible et intéressant d’examiner l’objet et les acteurs du poème pour distinguer différents types de dédicaces.

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